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Dépénalisation des délits de presse au Niger : attention danger !

jeudi 14 juillet 2011 par Albert Chaïbou

Cheval de bataille depuis plusieurs années des organisations socioprofessionnelles des médias, la loi dépénalisant les délits commis par voie de presse n’a été adoptée qu’en juin 2010 sous la Transition militaire. Avant cela, elle était une promesse électorale.

En effet, en 2004, le candidat du MNSD Nassara, Mamadou Tandja ainsi que celui du PNDS Tarayya, Issoufou Mahamadou avaient tous fait la promesse, une fois à la tête du pays, de dépénaliser les délitscommis par voie de presse. Neuf ans après, Tandja le vainqueur de cette élection n’a pas tenu sa promesse. Il a fallu attendre les temps forts de son « Tazarcé » - parce que pressé par les exigences de la communauté internationale pour un retour à l’ordre constitutionnel normal et suite aux engagements que le gouvernement avait pris à Bruxelles - de voir le régime marquer sa volonté à supprimer dans l’arsenal juridique national, les peines de prison ferme pour les délits de presse.

Le gouvernement qui s’est inscrit dans cette dynamique n’a pas pu concrétiser le projet jusqu’au jour où un putsch est venu mettre fin au règne de Tandja. Les nouveaux maîtres du pays en quête d’une certaine légitimité et d’une caution des occidentaux, ont vite fait d’organiser les 29 et 31 mars 2010 (un peu plus d’un mois après le coup d’Etat) les Etats généraux de la presse qui ont fait la recommandation de dépénaliser les délits de presse. Voilà pour la petite histoire.

Un an après, les ardents défenseurs de la dépénalisation des délits de presse ont cessé de se reluquer le nombril. L’efficacité attendue de cette loi est mise à rude épreuve par des pratiques qui foulent du pied les règles d’éthique et de déontologie du métier. Des journalistes « fielleux », des mercenaires de la plume et autres snippers, ont envahi la profession avec leurs feuilles de choux qu’ils noircissent d’une littérature indigeste, commandée souvent par des politiciens habiles à utiliser ce type de créneau pour régler des comptes personnels.

Mais face à cette dérive, doit-on baisser les bras et envisager à revenir sur la dépénalisation des délits de presse ? Assurément Non ! Cette loi est désormais un acquis à préserver.

Pour donner satisfaction, la dépénalisation des délits de presse devait d’abord résoudre les questions liées à l’émergence des entreprises de presse. Elle doit également définir de façon précise les conditions d’accès à la profession et d’exercice de cette profession. Les journalistes qui détiennent entre les mains une puissante arme doivent justifier de leur aptitude à posséder cette arme et de leur capacité à s’en servir. Sans quoi, leur indépendance restera toujours fragile dans leurs relations avec le pouvoir politique et ou le pouvoir d’argent.


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