Alternative au Forum Social de Bamako
mercredi 15 mars 2006 par H B Tcherno
2000 Kms parcourus. 15 membres présent. La délégation d’Alternative a été massive au FSMP de Bamako. Elle est composée de responsables de l’association Alternative Espaces Citoyens, et des journalistes du groupe Alternative (radio et journal) dépêchés expressément pour assurer la couverture médiatique de l’événement. « Nous avons mis de gros moyens pour être présents à Bamako, car nous avons beaucoup à dire, des expériences et des propositions à apporter au mouvement alter mondialiste », affirme Moussa Tchangari, visiblement satisfait d’avoir consenti de sacrifices pour être au rendez-vous malien. « Nous espérons en faire autant pour Nairobi 2007 », ajoute-t-il.
A cette délégation d’alternative, il faut signaler la présence d’autres militants de la société civile qui ont grossi la participation nigérienne à ce forum. Ce sont notamment les membres de la Coordination Démocratique de la Société Civile (CDSCN), de la plate forme paysanne. Par ailleurs, les stagiaires d’Alternatives Montréal au Niger étaient aussi de la partie pour prêter main forte à leurs amis dans l’organisation des activités de ce Forum.
A Bamako, Alternative Niger a inscrit six ateliers thématiques que ses membres ont animé seuls ou en collaboration avec des organisations partenaires comme Alternatives Canada, le réseau de communication Kayira de Oumar Mariko, l’Initiative pour un Autre Monde (IPAM), etc. En dehors des conférences, le programme initial prévoyait l’animation d’émissions citoyennes sur les ondes de la radio Kayira, en collaboration avec les journalistes de ce réseau. Mais, en raison du timing tres serré du FSM, cela n’a pas fonctionné.
Alternative a ouvert le bal de ses activités le 20 janvier 2006 par deux ateliers et une projection de film sur la question de la privatisation de l’eau au Niger. L’un a porté sur la marchandisation de l’eau et ses conséquences sur les populations (cas du village de Tibiri) et l’autre sur le rôle des médias alternatifs dans le contrôle de l’action publique et la construction démocratique. Les panélistes étaient Mamane Sani et Abdramane Ousmane, tous deux membres de l’organisation Alternative Espaces Citoyens. Le premier atelier qui s’est déroulé au musée national a enregistré la participation d’un public nombreux au sein duquel figure des élus locaux de France et d’Italie. La première conférence a été précédé de la projection du film : eau source de malheur, un documentaire des productions Alternative qui revient sur le processus de privatisation du secteur de l’eau, après ce qu’il est convenu désormais d’appeler le drame des enfants de Tibiri.
Les ateliers thématiques se sont poursuivis le lendemain avec à l’affiche deux autres conférences qui ont eu comme espaces l’Université et la Maison des jeunes. Les participants ont discuté des questions de la famine au Sahel et de la privatisation des services publics en Afrique. Les panélistes étaient Mme Hima Hima Fatimatou et Moussa Tchangari. La dernière conférence a été précédée de la projection d’un documentaire intitulé "rendez-vous manqué" qui traite de la question du chemin de fer. Ce film a été réalisé par le journaliste cinéaste M. Saidou Arji.
Un autre rendez-vous avec les délégués altermondialistes et le public bamakois a eu lieu le 23 janvier avec à l’ordre du jour : luttes et résistances contre la mondialisation néolibérale en Afrique, retour sur le mouvement social du 15 mars 2005. Les conférenciers sont Kassoum Issa et Mamane Sani.
Cependant, Alternative a profité de l’espace du FSMP pour projeter des films documentaires traitant des droits économiques et sociaux comme l’accès à l’eau potable, les conséquences sociales de la privatisation du chemin de fer Dakar-Niger qui pose de manière souvent dramatique la question de la privatisation des entreprises publiques en Afrique. Ces projections se sont déroulées en même temps que les ateliers thématiques.
Côté logistique, depuis Niamey, le staff de l’organisation a pris toutes les dispositions utiles pour que les activités prévues se tiennent normalement. Matériels de reportage, vidéo projecteur, dépliants, banderoles, aucun détail n’a été négligé pour que la participation d’Alternative soit très active et remarquée.
En outre, en partenariat avec Kayira, Alternative a installé un stand au Centre International de Conférences, où se sont déroulées la plupart des activités en plénière. C’est à cet endroit qu’a été logé le centre de presse où ont travaillé des dizaines de journalistes chargés de couvrir le FSMP.
Concernant la couverture médiatique, pendant les cinq jours du FSMP, les envoyés spéciaux ont fait des comptes-rendus quotidiens de l’événement aussi bien à la radio Alternative qui, pour la circonstance, a repris son bulletin d’information de la mi-journée, que sur le site Web du journal.
La petite équipe de journalistes a fait du bon travail, son dynamisme a permis aux auditeurs de la radio de Niamey et alentours de s’imprégner du déroulement du Forum social, comme s’ils y étaient à Bamako.
Il faut également applaudir les panélistes qui ont brillé par la qualité de leurs communications sur des sujets qui collent parfaitement avec les thématiques prioritaires du FSMP.
Deux membres de la Coalition Equité-Qualité étaient présents lors de l’atelier sur le mouvement social du 15 mars. Intervenant à cette occasion, Moustapha Kadi « ... »
La participation du public aux activités autogérées d’Alternative a été importante. Selon les ateliers, le décompte des participants varie entre 20 et 100 inscrits sur les listes de présence. Simples curieux, parlementaires, amis du CADTM, de Alternatives International, étudiants, beaucoup de gens ont manifesté de l’intérêt pour les ateliers organisés par l’association nigérienne conduite par M.Tchangari.
Disons tout simplement que Alternative a gagné son pari. L’organisation concrète dans des conditions difficiles a été satisfaisante. Durant le forum, ses représentants ont déployé toute leur expertise et leurs talents d’activistes professionnels.
Ainsi pendant la marche inaugurale, les délégués ont fait tout le tapage nécessaire pour assurer une présence très active et une visibilité a l’organisation. « Arrachons l’agriculture des griffes de l’OMC pour garantir la souveraineté alimentaire des peuples ! », « Non à la privatisation ! En avant pour des services sociaux universels ! », « Non à la mondialisation néolibérale ! Un autre monde est possible ! », etc. Les représentants d’Alternative ont fait montre d’une grande intelligence pour mobiliser les altermondialistes sur ces questions majeures. En plus des slogans anti-mondialisation scandés pendant la manif d’ouverture, certains d’entre eux ont accordé des interviews aux journalistes de la presse malienne et internationale pour expliquer les raisons qui les ont conduit à participer en grand nombre au rendez-vous de Bamako.
Il faut rappeler que Alternative Niger a participé à toutes les éditions du FSM et FSA dont il est membre du Conseil. Alternative Niger était aussi à l’initiative de l’organisation de la première édition du Forum Social nigérien (FSN) en septembre 2003. Malgré donc le stress, et des conditions d’hébergement inconfortables, les délégués se sont acquittés convenablement de leur cahier de charges. Bref, la mayonnaise a bien pris.
Et c’est tout à l’honneur de la société civile nigérienne qui marque par cette présence tout son engagement dans la lutte menée par le mouvement social mondial. Par cette participation, Alternative confirme son ancrage altermondialiste et sa place d’organisation leader dans la société civile de notre pays.
Quelles leçons faut-il tirer de cette présence au Forum social polycentrique ? Moussa Tchangari, responsable de l’association estime que « ... »
Et M. Abdramane Ousmane ajoute que « la participation d’Alternative au FSM de Bamako démontre la vivacité du mouvement social nigérien. » Songeant déjà à l’après Bamako, il poursuit : « Prochainement, les défis seront : organiser un forum social nigérien véritablement populaire ; devenir membre à part entière du Conseil International du Forum social mondial ; organiser au Niger le forum social africain. L`ensemble des organisations du mouvement social nigérien doit faire sien cet agenda, et se mobiliser pour sa réalisation ».
Pour l’heure, il faut concentrer l’énergie à la préparation du FSN et à la participation du Niger à Nairobi 2007.
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Forum Social Mondial 2006 Bamako
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