Le Comité Exécutif National reproche à Me. Souley Oumarou d’avoir organisé un Conseil Fédéral illégal sans mandat, et l’accuse de non respect des décisions du Comité Exécutif National. La même décision annonce l’exclusion de M. Bagalam du PNDS.
Depuis 2004, une bataille autour du poste du Président du Bureau Exécutif Fédéral de Maradi, opposait d’un côté M. Issa Bagalam, un transfuge du MNSD-Nassara, et de l’autre M. Alat Mogaskia, un militant de première heure du PNDS. Ce dernier, avec l’appui de certains dignitaires du parti rose, a été porté à la tête de la fédération de Maradi le 17 avril dernier. M. Issa Bagalam s’est ainsi vu arracher son titre de président obtenu au conseil régional de Tessaoua face à M. Alat Mogaskia. Et depuis lors, c’est le déchirement total au sein de la section PNDS de Maradi. D’une part des militants résolus à s’exprimer librement sur le choix de leurs candidats, et de l’autre des dirigeants déterminés à récompenser les militants qui se sont sacrifiés pour la cause du parti.
Cette décision d’exclure des responsables des structures du parti a été vigoureusement fustigée et contestée par certains cadres du parti qui voient en cela un coup de force du Comité Exécutif National, tandis que d’autres qualifient la décision de salutaire. « Si des militants en grand nombre arrivent à se révolter, c’est qu’il faut se demander pourquoi... C’est que l’affaire était pratiquement trop grave à la base. Le mieux, dans une démocratie, c’est de laisser les gens s’exprimer en toute liberté. Nous estimons à notre niveau que cette décision du CEN est un coup de force », a déclaré Sabo Saïdou, membre du bureau politique fédéral du PNDS.
« Au PNDS, nous connaissons les mêmes vicissitudes que les autres partis politiques du pays. Mais notre particularité c’est que nous privilégions les débats les échanges et le consensus. Ce qui s’est passé à Maradi, c’est justement le refus du dialogue et du consensus et une tentative de velléités de division de la part de certains responsables. Voilà les raisons qui ont conduit le Comité Exécutif National à prendre cette décision » a indiqué Iro Sani, Secrétaire à l’Organisation CEN PNDS Tarayya.
Contre cette décision du CEN, nombreux sont les militants qui ne sont pas prêts d’avaler la couleuvre sans broncher. C’est le cas de Me. Souley Oumarou, perçu par certains comme le principal instigateur de cette fronde contre la direction du parti, qui est sorti de sa réserve pour apporter un éclaircissement sur l’affaire dite désormais « Bagalam et Mogaskia ».
« Sur instruction du Président Mahamadou Issoufou nous avons effectué une mission à Maradi en vue de diagnostiquer le mal. Ceci nous a permis d’identifier deux personnes qui étaient la cause de la crise à Mardi, il s’agit de Issa Moussa et Kalla Hankourao. C’est pourquoi le CEN a décidé à l’unanimité de renouveler le Bureau Exécutif Fédéral à Maradi. Mais depuis lors rien n’est fait, et pire encore la section fédérale PNDS de Maradi n’a pas été renouvelée depuis 13 ans maintenant. Alors que les textes du Parti prévoient une durée maximum de 3 ans pour un bureau fédéral », a affirmé Me. Souley Oumarou.
« Je n’accepterai la sanction que lorsque le Président du Parti subira les mêmes rigueurs de la loi. Parce que c’est lui-même à Tessaoua qui a refusé de faire le vote tel qu’il a été demandé par le CEN. Conformément aux textes du parti qui autorise la critique et l’autocritique de tout militant, quelle que soit sa fonction, nous estimons qu’il ne peut y avoir deux poids deux mesures. Je reste et demeure militant du PNDS », a martelé Me Souley Oumarou.
Aujourd’hui, il est incontestable que le PNDS connaît une fracture interne en son sein. Une fracture que d’aucuns qualifient d’une lutte de positionnement ou de leadership entre les intelligentsia du parti. D’autres par contre voient dans cette crise une stratégie visant à revoir et décrier le mode de gestion du parti. Mais au-delà de toutes ces querelles fratricides entre militants, c’est l’avenir du parti qui est en jeu. Mieux, cette crise montre, au besoin, la gestion patrimoniale des partis politiques en Afrique en général, et au Niger en particulier. Cela même dans les partis longtemps considérés comme des chantres de la liberté d’expression, de la démocratie et du débat politique. En tout cas avec ce qui se passe au PNDS, c’est la question même de la démocratie au sein des partis politiques qui mérite d’être posée.
Sur tout un autre plan, on ne saurait comprendre qu’au PNDS Tarayya, le combat d’opinions soit qualifié d’acte de rébellion. Alors que ce parti figure parmi les principaux acteurs qui étaient à l’avant-garde de la démocratie au Niger. Il est impérieux pour le bien de ce parti d’aller vers une résolution consensuelle et en toute intelligence de cette crise. Surtout à la veille des échéances électorales de 2009, pour un parti qui a séjourné pendant 10 ans aux portes du pouvoir.
