Alternative Espaces Citoyens Niger

Des associations citoyennes dénoncent l’expulsion des immigrés en Europe

vendredi 20 janvier 2006 par SAIDOU Djibril

En prélude à l’ouverture du Forum social polycentrique de Bamako, s’est tenue, dans la matinée du 19 janvier, une conférence de presse sur le thème de l’immigration et des sans papiers. Organisée dans les locaux de la Radio Kayra, cette conférence de presse a réuni, devant un parterre de journalistes et une foule de personnes, Dr Oumar Mariko du Réseau Kayra, Jean-Claude Amara de Droits devant, Moussa Tchangari de l’association Alternative Espaces citoyens, Me MBam Diarra du Groupe féminin du droit au suffrage et l’avocat Amadou Diarra de la Ligue malienne pour la justice et les droits de l’Homme.

Dans son exposé, Dr Mariko a indiqué que le thème sur l’immigration n’est « pas un sujet nouveau, puisque il y a dix ans, dans les mêmes locaux, a été créée une association nationales des expulsés ». Pour le président du Réseau Kayra, les causes de l’immigration sont relatives aux « mesures libérales décidées par les politiques capitalistes, qui induisent également une inégalité dans la répartition des richesses au sein d’un même pays ». Abondant dans la même lancée, Moussa Tchangari de l’association Alternative Espaces citoyens, a souligné que la propension des africains à l’immigration est renchérie par « l’application des mesures néo-libérales illustrées notamment par les Programmes d’ajustement structurel et une absence criarde de politiques nationales d’emplois pour les jeunes dans nos pays ». Et faute de perspectives « de nombreux jeunes africains sont contraints au départ au sein même du pays ensuite du pays d’origine vers d’autres horizons souvent périlleux » a-t-il ajouté.

En réalité 22.000 africains qualifiées de « sans papier » sont expulsés, chaque année de la France. Ces expulsions provoquent des conséquences sociales et économiques énormes sans précédent pour les pays d’Afrique subsahariens.

En Europe, les sans-papiers sont pris dans un double étau : celui de la répression et de l’exploitation. Et ce en dépit du fait que « l’Europe aura besoin dans les 30 ans, à venir d’un accroissement de l’immigration pour faire face au problème du vieillissement » a tonné Jean-Claude Amara.

L’exploitation des sans-papiers se traduit, selon lui par une « condamnation des expulsés dans des conditions de travail extrêmement précaires ». Et ajoute-t-il, « leur statut leur empêche de faire valoir leurs droits, les réduisant souvent au silence. ».

Lorsque les sans papiers sont retournés de force dans leurs pays, ils reviennent appauvris et appauvrissent leurs familles a relevé Maître Mbam Diarra, présidente du Groupe féminin du droit au suffrage. L’expulsion des immigrés africains en France est une « répression » soutient Jean-Claude Amara, car le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozi vient de déposer « un avant-projet de loi visant à supprimer les cartes de résident » et à imposer des quotas de même qu’instaurer une immigration choisie.

Cette conférence s’est tenue en présence et avec le témoignage de sans papiers expulsés, réunis au sein de l’association malienne des expulsés de l’immigration. Tenue dans le cadre du Forum social mondial de Bamako, elle a permis d’interpeller l’opinion publique et les gouvernements sur l’injustice des « politiques du pire » et aussi de lancer déjà les débats sur la formulation des alternatives en vue de réaliser un monde plus juste et solidaire.


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