Apres la chute spectaculaire du Gouvernement de Hama Amadou emporté par la corruption, suite au vote d’une motion de censure votée par 62 députés dont 25 seulement de l’Opposition parlementaire, le nouveau Premier ministre, M. Seyni Oumarou a, cinq jours après sa nomination, rendu public la composition de son équipe ministérielle. Aucun changement majeur n’est intervenu. La formation de ce nouveau gouvernement dont la taille est la même que le précédent réinstaure la « dictature » des « grands » partis, car elle consacre le « partage du gâteau » entre les principaux partis de la majorité présidentielle. En effet, le Mnsd de l’ex-Premier ministre Hama Amadou, la CDS du Président de l’Assemblée Nationale, M.Mahamane Ousmane, le RSD du Président du Conseil Économique et Social (CESOC) de Cheiffou Amadou, le RDP de Hamid Algabit, Président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), et l’ANDP de Moumouni. Djermakoye, Président de la Haute Cour de Justice (HCJ) se partagent les postes ministériels au prorata de leurs poids électoraux. Ainsi le Mnsd s’accapare à lui seul de 12 ministères dont ceux dits de souveraineté comme l’Intérieur, la Justice, les Mines et l’Energie, la Fonction Publique, l’Education nationale, l’Equipement, les Finances, les Affaires Etrangères, etc. Son principal allié, la CDS détient 9 portefeuilles dont certains considérés comme sensibles tels que la Défense, la Santé, etc. Les autres partis alliés (Andp, Rsd, Rdp) se partagent le reste, en raison de trois ministères chacun. Le PSDN Alhéri conserve également son unique fauteuil de ministre. Pour l’essentiel, il s’agit de portefeuilles de moindre importance comme les Sports, les Affaires religieuses et l’Action Humanitaire, les Transports, l’Artisanat, ... Le nombre des portefeuilles du Mnsd est beaucoup plus important, si l’on tient compte des ministres Aichatou Mindaoudou, Ali Lamine Zene, sans étiquette politique apparente, mais qui sont dans la réalité des ministres encartés Mnsd, cooptés dans le Gouvernement dans le quota du Président Tandja, avec qui ils entretiennent des rapports tres affectifs. A noter qu’aucune figure de l’Opposition parlementaire n’a fait son entrée dans le nouveau Gouvernement, son chef de file ayant décliné, semble t-il, la proposition de formation d’un « Gouvernement d’Union nationale ». Contrairement à ce que rapportait la rumeur publique, l’entrée dans le Gouvernement des membres de la société civile à travers la Coalition contre la vie chère est remise aux calendes grecques. Le cabinet de Seyni Oumarou voit le départ des « dinosaures » comme les ministres d’ Etat Abdou Labo de la CDS, Salissou Habi du Mnsd, Maty El Hadji Moussa, ancien garde Sceaux, Souley Hassane dit Bonto, Souleymane Kane, et l’entrée de nouvelles figures comme l’enseignant chercheur, M. Dagra Mamadou, l’avocate et ancienne Préfet de Niamey Mme Barry Bibata, etc. Parmi les nouveaux venus, certains sont des parfaits inconnus. Il s’agit de Halidou Badje, du journaliste Salou Gobi, Mesdames Maizama Hadiza, Saadé Souley, Aissa Siddo Amadou, Issiah Ag Kato, etc. Beaucoup de nos concitoyens avait nourri l’espoir que Mamadou Tandja accusé de « faiblesse » envers Hama Amadou, allait saisir l’opportunité de la démission du Gouvernement pour se débarrasser des « brebis galeuses », rajeunir et diminuer la taille de l’équipe gouvernementale. Que nenni ! Parmi les trois noms donnés par la majorité, il a choisi-on lui a imposé disent certaines sources- M. Seyni Oumarou, un « sac au dos », proche de Hama Amadou, titulaire du portefeuille de l’Equipement dans le défunt gouvernement et dont le nom est cité dans l’affaire de détournements des fonds du Programme Décennal de Développement de l’Education (PDDE). Si des personnalités comme Maty El Hadji Moussa dont l’image est suffisamment ternie, Abdou Labo cité également dans le « scandale Meba » ont perdu leurs postes, en revanche d’autres « poids lourds » comme La nouvelle équipe se caractérise par sa pléthore consécutive à l’éclatement de plusieurs ministères et le savant dosage ethno régional ayant présidé à la constitution de ce Gouvernement dont le Premier ministre a été désigné également selon cette logique. Tout laisse croire que le PR et les chefs des partis de la majorité n’ont tiré aucune leçon des péripéties ayant conduit au vote de la motion de censure contre le Gouvernement de Hama Amadou. Et, c’est dommage ! Huit portefeuilles sont revenus aux femmes contre six dans le Gouvernement précédent, soit une progression d’environ 6%. Cette avancée est le fruit de la lutte des femmes, car à la veille de sa formation, la Confédération des Ong et Associations féminines du Niger (Congafen) a publié un communiqué dans lequel, elle demandait aux autorités le respect de la Loi N° 2000 - 008 du 7 juin 2000, instituant le système de quota qui stipule que 25% des postes soient réservés aux femmes. La Congafen a obtenue gain de cause, mais cela ne représente pratiquement rien au regard du poids démographique qui constituent 50, 3% de la population nigérienne. La déception des Nigériens est d’autant plus profonde que la logique du partage du gâteau tant décriée a été à la base de la constitution du nouveau Gouvernement. Répartition des membres du nouveau Gouvernement par parti politique 1)Premier ministre : Seyni Oumarou/Mnsd
2) Ministre d’Etat, de l’Intérieur, Sécurité publique et Décentralisation : Albadé Abouba/Mnsd (inchangé) 3) Ministre des Affaires Etrangères et Coopération : Mme Aïchatou Mindaoudou (inchangée)/Mnsd 4) Ministre de l’Economie et des Finances : Ali Mahamane Lamine Zène/Mnsd (inchangé) 5) Ministre du Développement Agricole : Mahamane Moussa/Rsd (inchangé) 6) Ministre de la Jeunesse et des Sports : Aboulrahamane Seydou/Rdp (inchangé) 7) Minsitre de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Cadastre : Mme Aïssa Diallo Abdoulaye/Rdp (inchangée) 8) Ministre des Mines et de l’Energie : Mohamed Abdoulahi/Mnsd (inchangé) 9) Ministre des Enseignements secondaire, Supérieur, Recherches et Technologie : Sidikou Oumarou/Andp (inchangé) 9) Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement : Mohamed Ben Omar/Rdp (inchangé) 10) Ministre de la Fonction Publique et Travail : Mme Kanda Siptèye/Mnsd (inchangée) 11) Ministre de la Culture, Arts et Loisirs, Promotion Entreprenariat artistique : Oumarou Hadari/Mnsd (ancien) 12) Ministre de la Population et Réformes sociales : Mme Boukari Zila Mahamadou/Cds (inchangée) 13) Ministre de l’Education nationale : Ousmane Samba Mamadou/Mnsd (inchangé) 14) Ministre de l’Equipement : Lamido Moumouni Harouna/Mnsd (change de portefeuille)
15) Ministre Chargé des Relations avec les Institutions de la République : Salifou Madou Kelzou/Rsd (inchangé)
16) Ministre de l’Environnement et Lutte contre la Désertification/ex-rebelle Mohamed Akoté (inchangé)
17) Ministre de la Compétitivité Nationale et Lutte contre la Vie chère/Cds Abdou Daouda (inchangé)
18) Ministre des Affaires Religieuses et Action humanitaire : Labo Issaka/Psdn (inchangé)
19) Ministre du Commerce, Industrie et Normalisation : Halidou Bagué/Mnsd (change de portefeuille)
20) Ministre de la Justice, Garde des Sceaux : Dagara Mamadou/Mnsd (nouveau)
21) Ministre des Ressources animales : Issiah Ag Kato/Cds (nouveau)
22) Ministre de la Défense nationale : Djida Hamadou/Cds (nouveau)
23) Ministre de la Santé publique : Issa Lamine/Cds (nouveau)
24) Ministre du Tourisme et Artisanat : Mme Amadou Aïssa Siddo/Andp (nouvelle)
25) Ministre des Transports et Aviation civile : Kindo Hamani /Andp (nouveau)
26) Ministre de l’Aménagement du Territoire et Développement communautaire : Mme Saadé Souley/Rsd (nouvelle)
27) Ministre de l’Hydraulique : Tassiou Aminou/Cds (nouveau)
28) Ministre de la Promotion des jeunes entrepreneurs et Réformes des entreprises publiques : Salou Gobi/Cds (nouveau)
29) Ministre de la Formation Professionnelle et Technique : Mme Maïzama Hadiza/Cds (nouvelle)
30) Ministre de la Promotion de la Femme et Protection de l’Enfant : Mme Barry Bibata/Mnsd (nouvelle)
31) Ministre de L’Intégration Africaine et des Nigériens de l’extérieur : Saïdou Hachimou/Cds (nouveau)
H.B.Tcherno

