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Areva/MNJ

L’Arbre qui cache la forêt

vendredi 10 août 2007 par H B Tcherno

Depuis sept (7) mois que dure ce conflit, le Président Tandja refuse toujours de prendre langue avec les maquisards. S’il a récemment réussi à démêler en partie les fils de la « brouille » avec l’Elysée, en obtenant une renégociation du contrat d’exploitation de l’uranium par le groupe français Areva (numéro un mondial du nucléaire civil), en revanche, son appel à déposer les armes lancé aux rebelles a été rejeté.

Fâchés contre le pouvoir central, certains de nos concitoyens retranchés dans les montagnes de l’Aïr (région d’Agadez) mènent depuis février 2007, des opérations de guérilla contre l’Etat et quelques intérêts étrangers. Selon le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) – c’est le nom de ce front armé -, le bilan humain des affrontements à ce jour est lourd : 36 militaires loyalistes tués, des dizaines de blessés et d’otages. Les rebelles qui déclarent aussi avoir perdu quelques hommes, se créditent de quelques 700 combattants et d’une branche politique en Europe.

Depuis sept (7) mois que dure ce conflit, le Président Tandja refuse toujours de prendre langue avec les maquisards. S’il a récemment réussi à démêler en partie les fils de la « brouille » avec l’Elysée, en obtenant une renégociation du contrat d’exploitation de l’uranium par le groupe français Areva (numéro un mondial du nucléaire civil), en revanche, son appel à déposer les armes lancé aux rebelles a été rejeté.

Longtemps terré dans un mutisme inquiétant à propos du conflit dans le nord du pays, Tandja Mamadou est finalement sorti de sa réserve, avec un discours « musclé » qui a apparemment porté ses fruits. L’Etat du Niger vient de trouver un « compromis » avec Areva au sujet des recettes provenant de l’exploitation des mines d’uranium de Somaïr et Cominak. Intervenant à un moment où l’opinion s’y attendait le moins, cet accord prévoit, d’une part, un rehaussement du prix du kilogramme du minerai qui passe désormais de 27.300 à 40.000 FCFA, un coût encore en deçà du prix pratiqué sur le marché international (186 euros soit 119.806 FCFA le kg). D’autre part, il donne la possibilité au Niger, qui n’avait jamais auparavant été directement impliqué dans la vente de l’uranium, de vendre pour son propre compte directement 300 tonnes sur le marché. La cerise sur le gâteau a été l’engagement de la France à aider le Niger à déminer la zone de conflit.

Concernant le règlement des revendications posées par les combattants du MNJ, rien n’a filtré de l’audience accordée par le Président nigérien au secrétaire d’Etat à la coopération, M Jean-Marie Bockel.

Même si d’innombrables questions restent encore en suspens, le « Vieux » semble déjà satisfait de cette entente qui lui permettra d’écouler une partie de la production minière sur le marché mondial. En contrepartie, la multinationale française aurait obtenue des garanties sur de nouveaux gisements uranifères. Quant aux compagnies chinoises, nul ne sait si des gages de sécurité leur ont été donnés afin qu’elles commencent à déplier leurs matériels de recherche.

Rivalités et prise d’otages

Le regain d’intérêt pour l’uranium sur le marché international s’est traduit par une bousculade des puissances étrangères pour l’obtention de permis de prospection. Malgré la « résistance » d’un pion d’Areva au sommet de l’Etat, les chasseurs du « yellow cake » ont été accueillis à bras ouverts par le gouvernement nigérien.

Au pressant besoin d’argent auquel s’ajoutent l’amenuisement des recettes internes et des conditionnalités de plus en plus sévères des partenaires au développement, les autorités nigériennes ont bondi sur cette occasion inespérée pour vendre le maximum de permis de recherche. Au nom d’une politique de diversification des partenaires miniers, le gouvernement nigérien a délivré plus d’une vingtaine de permis de prospection. Au nombre des sociétés bénéficiaires du très convoité laissez-passer, la China National Uranium Corporation, dont la présence dans le Ténéré, depuis cette autorisation, est ressentie comme trouble-fête.

Comme on s’en doutait, la France à travers Areva qui détenait depuis 40 ans le monopole de l’exploitation de l’uranium, n’a pas apprécié cette liberté de décision de la part des tenants du régime. Dès lors, les esprits avertis savaient que quelque chose allait se passer, suite à ce que Paris a vite assimilé à un acte de défiance, voire de trahison. La seule incertitude portait sur le moment, l’endroit et le modus operandi.

En effet, c’est faire preuve de myopie politique que de croire qu’Areva allait regarder passivement « son » uranium lui filer entre les doigts dans un pays connu pour la docilité de ses dirigeants. La riposte est intervenue très vite, car les barbouzes commis à la tâche n’ont pas mis du temps à trouver des candidats pour les aider à régler les comptes. Voilà comment il faut comprendre la rebelote du mouvement de rébellion armée dans le Nord, selon la version donnée par Tandja lui-même, lors d’une rencontre avec une portion de la société civile.

Apres quelques jours d’existence, les rebelles du MNJ ont vite indiqué leur cible principale, en demandant sur leur site Web aux compagnies chinoises de quitterla zone. Joignant l’acte à la parole, le vendredi 5 juillet, ils enlèvent un ressortissant chinois de la compagnie China National Uranium Corpora-tion, une des multiples sociétés minières menant des recherches dans les massifs du Ténéré. M. Zhang Guohua a été enlevé alors qu’il se rendait en voiture à Ingall, localité située à 100 Km au sud d’Agadez, pour tenter de dénouer un conflit avec les employés de son entreprise. Il sera relâché et remis au Comité international de la Croix Rouge une dizaine de jours plus tard.

C’est le premier enlèvement d’un ressortissant étranger revendiqué par le MNJ depuis le déclenchement en février 2007 de ses opérations militaires. Le mouvement rebelle prévient que ce rapt constituait un avertissement aux sociétés chinoises, soupçonnées de fournir des moyens financiers et logistiques aux soldats de l’armée régulière. « Les armes récupérées lors de la bataille de Tezirzayt sont toutes de fabrication chinoises », a indiqué le MNJ sur son site web. Une accusation qui vient renforcer une autre déjà formulée au mois de mai 2007 contre la Chine populaire qui aurait avancé, selon les maquisards, 30 milliards de francs CFA au gouvernement nigérien, à titre de contribution à la « pacification » de la région Nord, qui recèle d’importantes ressources minières.

Le mouvement rebelle qui prétend que le fils du Président, attaché commercial à l’ambassade du Niger à Pékin, serait à l’origine de l’attribution de plusieurs permis de prospection aux sociétés chinoises, a vite fait d’établir un lien entre les armes récupérées dans la vallée de Tezirzayt et la présence de China National Uranium Corporation dans le désert nigérien. Assimilant la détention par les militaires loyalistes d’armes de fabrication chinoise à un parti pris dans le conflit en faveur du régime en place, les insurgés ont décidé d’une action de représailles envers Pékin, en mettant en garde qu’ils « n’accepteront jamais qu’une société minière s’installe à Ingall ou ses alentours ». La rébellion justifie son hostilité envers les sociétés minières par le peu d’intérêt qu’elles accordent au respect de l’écosystème, et surtout parce que la zone abrite une forte concentration de troupeaux et constitue un lieu d’accueil de la cure salée, le grand rassemblement annuel des éleveurs.

En avril 2007, la filiale nigérienne de la multinationale française Areva était elle aussi victime d’une attaque rebelle. Un acte qui, à en croire certaines sources, visait à réclamer une application stricte des volets économiques des accords de paix de 1995. L’assaut n’a fait aucune victime, mais les assaillants ont emporté six véhicules 4x4. Avec le recul, d’aucuns pensent que c’était un coup monté pour livrer des moyens logistiques au MNJ. C’est aussi l’avis de Tandja qui, lors de sa rencontre avec les « jeunes patriotes », a soutenu qu’il s’agissait d’un vol organisé.

La concrétisation de la promesse de libération de M.Zhang, après celle des 30 militaires blessés, a été un point positif pour le MNJ, en quête d’une image de respectabilité, un acte aux antipodes de ceux posés par l’armée régulière, dont les éléments sont responsables de l’exécution de trois vieillards. Ces actes militent en faveur de la thèse selon laquelle, les rebelles semblent avoir plus à l’esprit le respect des conventions internationales relatives au traitement des prisonniers de guerre. Avant d’être frappé d’interdiction de paraître pendant 3 mois, le bimensuel Aïr Info paraissant à Agadez, a eu à tirer la sonnette d’alarme sur de multiples violations des droits de l’Homme et dont les auteurs ne sont pas toujours les hommes de Aghali Alambo. Souhaitons qu’avec le temps, le conflit dans le Nord finisse par livrer toutes ses zones d’ombre.

Sur un autre registre, on a du mal à cerner la cohérence du discours du MNJ. Pendant qu’il kidnappe un citoyen chinois et invite les sociétés de cette puissance à plier bagages, le mouvement rebelle fait preuve d’une certaine indulgence envers la multinationale française. « Notre adversaire ce n’est pas Areva, On ne les connaît pas. Nous demandons seulement au groupe français d’embaucher plus de Touaregs, de ne pas détruire l’environnement et de respecter nos coutumes ». Comme pour rattraper une bourde, il prend la précaution, d’inviter le géant industriel « à revoir sa stratégie dans cette région, en employant des locaux dans les postes de responsabilité des usines ». Une prise de position plutôt molle, au regard des pratiques mafieuses de Areva et de ses conséquences dramatiques sur les populations locales, au nom desquelles, les rebelles disent avoir pris les armes contre l’Etat central. En tout cas, cette complaisance qui ne dit pas son nom, a versé de l’eau au moulin de ceux qui croient que le géant industriel français se cache derrière les insurgés.

Accusations

Les lourdes pertes infligées à l’armée régulière ont beaucoup alimenté la polémique autour des soutiens extérieurs présumés du MNJ. Du côté des autorités politiques, on est presque persuadé que derrière les auteurs des attaques contre les bases militaires se cache une main extérieure invisible. Même si pour des raisons diplomatiques, aucun pays n’a été désigné par les officiels, le gouvernement nigérien demeure convaincu que le MNJ bénéficie d’une complicité extérieure, en témoignent les armes de haute technologie utilisées par les « bandits et trafiquants de drogue » selon la version officielle.

Tête de peloton des accusations tous azimuts, le ministre de la communication, M. Ben Omar, évoque la contre-attaque menée par les FAN et qui a permis de mettre la main sur 140 mines anti-personnel et anti-char ainsi qu’une rampe de lancement de missiles. Au vu de l’arsenal de guerre moderne dont disposent les maquisards, la question troublante qui vient à l’esprit est la suivante : qui arme le MNJ ou plutôt, avec quels moyens les « montagnards » se sont procurés cet armement de pointe ? Cette interrogation qui a fait la manchette de plusieurs journaux locaux, est restée sans réponse satisfaisante jusqu’à la sortie médiatique du Président Tandja qui, dans ses insinuations, a semblé dire que les rebelles ont bénéficié de l’appui de Areva.

A l’opposé, les insurgés clament qu’ils ne reçoivent aucune aide financière extérieure d’un Etat. « On ne veut compter que sur nos propres forces », avait en son temps rétorqué Abubacar Alambo, frère du chef rebelle, tué dans l’attaque de Tezirzayt.

Interrogé sur l’origine de l’artillerie lourde, Mohamed Acharif réplique :« un marché parallèle existe, alimenté par les armes venues des pays voisins ou de Côte d’Ivoire. Avec 6.000 euros, on peut se procurer une mitrailleuse lourde et avec 100.000 euros, on a de quoi équiper des troupes pour faire du mal aux forces régulières ».

Abondant dans le même sens, le chef du mouvement rebelle, M. Aghali Alambo réfute la thèse de la complicité extérieure, soutenant que son mouvement est financé par de riches commerçants touaregs installés dans des pays voisins. En choisissant cette ligne de défense, il donne raison à ceux qui taxent le MNJ de « groupes de touaregs paresseux », ayant choisi de braquer leurs concitoyens pour les dépouiller de leurs biens.

En tous cas, Niamey est persuadé que derrière les attaques armées répétitives se cachent des actions de déstabilisation du Niger, qui ne manquent pas de liens avec la volonté politique d’exploiter et valoriser d’ici 2009, les énormes ressources minières et pétrolières dont regorge le sous-sol nigérien. Cela sous-entend clairement que les soutiens présumés des rebelles se trouvent dans les rangs de ceux qui n’auraient pas intérêt, à ce que le pétrole du Ténéré jaillisse de terre, et qui veulent être les seuls à exploiter nos ressources naturelles. Cette thèse a aussi été soutenue publiquement par Tandja, au cours de sa rencontre avec des membres des associations de la société civile. Argumentation déjà développée par le chef du mouvement des jeunes arabes qui, en remettant les armes, a dénoncé les manipulations extérieures dont sont l’objet ses compagnons restés dans les montagnes.

De là, à franchir le pas pour désigner officiellement la France de Sarkozy, comme étant le pays qui se cache derrière le MNJ, ce serait allé vite en besogne. En tout cas, les autorités nigériennes ont procédé par étapes, en utilisant quelques leaders controversés d’une nébuleuse fraction de la société civile. La stratégie a consisté d’abord par l’expulsion de Gilles De Namur, chargé de la sécurité de la filiale nigérienne d’Areva, puis celle de Dominique Pin, Directeur Général de la même société. Dans les arcanes officielles, M. De Namur est considéré comme un faux nez, pour ne pas dire un « chien de guerre » qui a toujours œuvré à la déstabilisation de la région d’Agadez.

Sous-traitance

Pour ne pas apparaître en première ligne, le gouvernement a opté de sous-traiter avec des associations de la société civile pour les actions de mobilisation sociale. La solution la plus facile a consisté à se cacher derrière des « jeunes désoeuvrés » qui, moyennant paraît-il quel-ques billets de CFA, se sont lancés dans des déclarations médiatiques incitant à la guerre, voire à la haine raciale. Emanant d’un collectif de jeunes démocrates, le discours le plus extrémiste a été lu par l’énigmatique Nouhou Arzika, leader de la Coalition contre la vie chère. Dans leurpronunciamiento du 14 juillet, les signataires ont dénoncé « la complicité active de certains pays et autres groupes d’intérêts étrangers dont bénéficie le groupe armé ». Ils ont également fustigé « l’équilibrisme et la fuite en avant de la classe politique et de certaines structures qui demandent, tête baissée, de négocier avec un groupe d’individus dont le seul mérite est d’avoir pris des armes contre leur propre pays ».

Après avoir surfer sur des cordes sensibles, ces « éléments » de la société civile ont engagé le gouvernement à n’entreprendre aucune forme de négociation avec les insurgés. Le « mouvement citoyen pour la paix » a souhaité que le pouvoir « mette tout en œuvre » (terrifiante proposition de la part de prétendus acteurs de la société civile) pour ramener très rapidement la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Émargeant semble t-il sur des fonds politiques, ces « boutefeux » ont prêché dans le désert, car même l’Etat major de l’armée avait pris acte de l’existence du MNJ, à travers un communiqué dans lequel, il a invité « ledit mouvement à traiter les prisonniers en sa possession dans le strict respect des conventions internationales garantissant un traitement approprié aux prisonnier de guerre ». L’usage du mot guerre signifie l’acceptation par la hiérarchie militaire d’une évidence : les troupes engagées sur le terrain font face à des d’adversaires ayant des revendications à caractère politique. C’est le message qu’il faut retenir de l’intervention télévisée du Lt colonel Goukoye Abdoul-karim, le 10 juillet dernier, à travers laquelle, les Forces Armées Nigériennes ont réaffirmé leur ferme volonté d’accomplir leur mission de défense de l’intégrité du territoire national.

Nulle part dans son communiqué, l’armée n’a évoqué les termes de « bandits armés et de trafiquants de drogue » utilisés par les officiels nigériens. Par contre, s’agissant des soutiens présumés du MNJ, les FAN empruntent le même chemin que le gouvernement, en évoquant une « atteinte à la sécurité intérieure, avec des ramifications dont les Forces armées se réservent le droit d’apporter les preuves, le moment venu ». On attend toujours…

De leur côté, sans fournir la moindre justification, les organisateurs de la marche de soutien au gouvernement ont indexé la Libye comme étant le pays qui se cache derrière les maquisards. C’est devenu un réflexe. A chaque fois que le Niger a mal au Ténéré, les doigts accusateurs se pointent sur Tripoli.

Après la Libye, les regards se sont braqués sur la France qui, on s’en doute, voit d’un mauvais œil la distribution à tour de bras de permis de prospections uranifères et pétrolifères à des compagnies de pays concurrents. Mais, le gouvernement nigérien n’est jamais sorti au grand jour pour désigner l’agresseur. Il a fallu que le président Tandja prenne son courage à deux mains pour que l’opinion ait quelques éléments d’appréciation. Inflexible sur son refus d’ouvrir des négociations avec le MNJ, le chef de l’Etat s’est retrouvé dans l’obligation de dévoiler à l’opinion publique ce qu’il sait des « ramifications extérieures » du conflit. Dans son allocution du 3 août, le locataire du palais présidentiel a révélé que notre pays est victime d’une conspiration dans laquelle les représentants de Areva au Niger ne sont pas étrangers. En résumé, il a insinué que ce sont les amis de 30 ans qui ont recruté des mercenaires, parce qu’ils ne sont pas contents de la décision présidentielle de diversifier les partenaires miniers. En osant remettre en cause un contrat vieux de plusieurs décennies, le Président Tandja n’ignore certainement pas les risques liés à cette outrecuidance. Mesurant le « danger » dans un pays abonné aux coups de force, il ne voyage pratiquement plus à l’extérieur, probablement par peur de connaître le même sort que les ex-présidents centrafricain Ange Félix Patassé et mauritanien Ould Taya.

Mais que nenni ! Par un concours de circonstances, le bras de fer engagé avec Areva s’est terminé par un règlement « à l’amiable ». A l’initiative de Nicolas Sarkosy qui ne souhaite pas que la France vive un autre cauchemar en Afrique, après celui de la Côte d’Ivoire, un accord a vite été trouvé, une entente saluée par les parties nigérienne et française. Reste à savoir si les intérêts des citoyens des deux pays ont été pris en compte dans les termes du nouveau contrat. Quoi qu’il en soit, même si le désaccord avec Areva est momentanément enterré, l’équation MNJ quant à elle demeure.

H.B. Tcherno


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