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Processus électoraux en Afrique

{{Journalistes et acteurs sociaux tirent le bilan à Dakar}}

samedi 15 décembre 2007 par H B Tcherno

A l’invitation de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), divers acteurs du processus électoral étaient en conclave à Dakar du 1er au 4 décembre 2007, pour plancher sur la catharsis des élections qui se déroulées en Afrique notamment de l’Ouest au cours de l’année qui s’achève. A la fin de cette rencontre, les professionnels des médias ont adopté une déclaration dite de Dakar, et les acteurs de la société civile ont dégagé des perspectives pour une meilleure organisation des scrutins à venir.

L’année 2007 a été marquée par des élections dans certains pays africains comme le Mali, la Mauritanie, le Sénégal, la Sierra Leone, et le Nigeria. Si dans les premiers pays cités, les scrutins ont été jugés plus moins ou moins crédibles par les observateurs nationaux et internationaux, en revanche, en Sierra Leone et au Nigeria, elles ont étésource de contentieux entre acteurs politiques, déclenchant parfois une violence inouïe s’étant soldée par des dizaines de morts, pour ce qui est du dernier pays. Le spectacle pittoresque du hold-up électoral perpétré au profit de Oumarou Ya ra Dua, et la succession …tranquille de Faure Gnassimbé à son père attestent, si besoin est, que le chemin de l’Afrique vers des élections crédibles est pavé de sang, et de fraudes massives.

C’est dire que d’énormes défis restentà relever pour garantir des scrutins fiables et acceptés par toutes les parties en compétition. Parmi les écueils, on peut citer le manque crucial d’argent, la manipulation du fichier électoral, véritable panier à crabes, l’insuffisance de moyens logistiques, le manque d’indépendance des commissions électorales pourtant baptisées indépendantes, l’intervention brutale des forces de l’ordre, l’immixtion des chefs coutumiers et religieux, la fraude et la manipulation du fichier électoral, l’insuffisance des moyens financiers et logistiques, la caporalisation des médias publics au profit des candidats du parti ou de la majorité au pouvoir, etc.

C’est donc pour cogiter sur ce funeste constat que OSIWA a organisé du 1er au 4 décembre dernier à Dakar, un atelier dont le thème porte surles « Elections en Afrique de l’Ouest : Bilan et perspectives ».

Cette rencontre a regroupé les deux premiers jours une quinzaine de journalistes de divers médias (presse écrite, radios et télévisions) et les 48 heures suivantes des membres des Commissions électorales et des représentants de la société civile. En plus des journalistes venus de la sous région, des hommes de média du pays hôte ont participé également à l’atelier sur la couverture des élections.

Le dénominateur commun à tous ces participant (e) s, ce qu’ils/qu’elles ont été, à un niveau ou à un autre, impliqué dans le processus de l’organisation ou de l’observation des élections. Au nombre de pays présents, on peut citer la Côte d’Ivoire représentée M. Robert Mambe Beugré, président de la Commission électorale Indépendante (CEI), l’Afrique du Sud, le Nigeria. L’Union Européenne était présente à travers la députée Anne Isler Béguin.

L’atelier de Dakar s’inscrit dans la perspective du perfectionnement du processus électoral actuel, pour permettre aux africains de doter leurs pays d’instruments électoraux dignes de nom. L’objectif principal poursuivi étant l’échange des expériences de la couverture des scrutins présidentiels, législatifs et municipaux.

En ouvrant les travaux, la Directrice Exécutive de OSIWA, Mme Nana Tanko a invité les séminaristes à engager des débats constructifs, et à réfléchir aux stratégies à mettre rapidement en œuvre pour crédibiliser les élections sur le continent africain.

Au sortir de leur atelier, les journalistes ont adopté une déclaration finale qui résument leurs préoccupations. Après une autopsie des contraintes sur les processus électoraux, ils ont plaidé pour un appui aux médias pendant les élections, l’adoption d’une législation visant à mettre en place un fonds d’aide à la presse pour la couverture des élections, le renforcement des capacités des medias, et la formation des journalistes sur les questions électorales, L’élaboration et l’adoption de lois sur l’accès à l’information publique.

Quant aux acteurs de la société civile, ils ont fait un état des lieux qui ressemble à un véritable procès sur les scrutins organisés cette année. En dépit des constats accablants, les participant (e) s à ce second atelier ne sont pas parvenus à situer clairement les responsabilités, à proposer des stratégies opérationnelles. Néanmoins, ils/elles ont fait des recommandations visant à corriger les faiblesses, à étancher la soif de transparence des populations africaines.

Rappelons que, ces dernières années, OSIWA a activement soutenu le travail mené par la société civile dans le domaine électoral. En 2007, son appui dans le domaine de la gouvernance électorale a concerné des structures et des institutions implantées dans cinq pays de l’Afrique de l’Ouest à savoir le Sénégal, la Mauritanie, le Nigeria, le Mali et la Sierra Leone.

Interrogée sur les perspectives, Idiatou Bah, chargée des programmes gouvernance politique a répondu que « la réflexion va continuer ».

H.B.Tcherno