Alternative Espaces Citoyens Niger
Table ronde des Alternatives sur la Plateforme de Beijing au Niger

Les acteurs sociaux dressent le bilan

vendredi 14 mars 2008 par H B Tcherno

La Plateforme d’actions de Beijing a été adopté en 1995, par la « communauté internationale » dans la ville chinoise qui lui a donné son nom. Treize ans apres son adoption, quel bilan peut-on tirer de sa mise en œuvre au Niger ? C’est pour discuter autour de cette problématique que Alternative Espaces Citoyens, en partenariat avec le Réseau des ONG de Développement et Associations de Défense des Droits de l’Homme et de la Démocratie (RODADDHD) a organisé une table ronde le 9 mars 2008, dans la salle Dounia de l’Hôtel Ténéré.

Une fois de plus, de dizaines de militants associatifs, et défenseurs des droits humains ont répondu présent au rendez vous mensuel de la table ronde des alternatives. En effet, pour la quatrième fois consécutive, Alternative Espaces Citoyens et le Réseau des ONG de Développement et Associations de Défense des Droits de l’Homme et de la Démocratie (RODADDHD) ont convié le 9 mars 2008, les acteurs de la société civile à partager leurs visions et perspectives autour d’une thématique majeure. Cette fois ci, les discussions ont porté sur le thème : « Bilan de la Mise en 0euvre de la Plate Forme d’Actions de Beijing au Niger ».

Le choix de ce sujet a été dicté par le souci de coller à l’actualité, c’est- à- dire, l’agenda mondial des femmes. En effet, la tenue de cette table ronde intervient au lendemain de la célébration le 8 mars de la journée internationale de la femme. Selon les organisateurs, cette activité a pour objectifs majeurs de faire une revue de plus d’une décennie de la mise en œuvre de la plateforme, d’échanger sur le processus d’évaluation, de s’interroger sur l’efficacité des mécanismes institutionnels, d’identifier les types de résistances à l’approche genre ; ainsi que les stratégies et actions prioritaires à mettre en place pour continuer la route vers le « rêve » d’un monde fondé sur une meilleure égalité entre les sexes.

Trois sous thèmes ont été développés par les conférenciers soigneusement identifiés par les organisateurs. Le premier a porté sur « Les défis du Programme d’Actions de Beijing » présenté par Mme Djataou Ouassia, présidente de la Confédération des ONG et Associations Féminines (CONGAFEN). Son exposé a consisté à revisiter les actions concrètes préconisées dans les « douze domaines critiques » de la Plateforme, d’entretenir l’auditoire sur les succès remportés et les échecs enregistrés dans sa mise en œuvre.

Le Second exposé a consisté à analyser les « Résistances et Obstacles à la mise en œuvre de la Plateforme ». Il a été développé par Mme Amina Tiemogo, 2 e secrétaire général adjoint du bureau exécutif de la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN). Son cahier de charges a consisté à éclairer la lanterne des participants sur les différentes formes de résistances à l’approche genre, les problèmes persistants et même aggravants, les risques réels de régression dans le domaine de la réalisation des droits des femmes.

Enfin, le troisième sous thème est intitulé « les Droits humains comme moyens de réalisation de la Plateforme : Stratégies de mise en œuvre et Perspectives ». Il a été déroulé par un activiste des droits de l’Homme, en la personne de Abdourahmane Ousmane, président du Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH). Son exposé a consisté à présenter sommairement les instruments juridiques internationaux de protection des droits des femmes, leurs mécanismes de mise en œuvre, les leçons apprises ; ainsi que de proposer des actions consensuelles de changement social. Dans son intervention, le troisième conférencier a démontré à l’auditoire qu’il n’est pas seulement un propagandiste des droits de la personne, mais qu’il dispose de solides connaissances en la matière.

Les organisateurs de la table ronde ont voulu également avoir dans la salle un représentant du ministère de la promotion de la femme et un(e) parlementaire. C’est ainsi qu’une invitation a été envoyée à Mme El Back Zeinabou, députée national pour lui demander d’intervenir sur le thème : « L’évaluation de Beijing du point de vue parlementaire ». L’intéressée a répondu favorablement à cette sollicitation, mais s’est excusée au dernier moment, pour des raisons de calendrier liées à l’ouverture de la session ordinaire du parlement. Quant aux contacts avec le ministère de tutelle, ils ont été infructueux, à cause principalement de l’absence de la directrice de la promotion de la Femme.

Pendant cinq heures d’horloge, les participants (e) s ont échangé sur tous les aspects liés à cette problématique majeure. Plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des autorités politiques et des organisations de la société civile. L’intérêt du thème était tel que la table ronde a bénéficié d’une large couverture médiatique, notamment des chaînes de télévisions privées. Rappelons que l’organisation de cette table ronde entre dans le cadre du "Programme de renforcement des capacités d’analyses des politiques publiques et politiques d’aide au développement des organisations de la société civile nigérienne pour un contrôle citoyen efficace", exécuté par Alternative Espaces Citoyens et le RODADDHD, avec l’appui financier de la Coopération Suisse.


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