Alternative Espaces Citoyens Niger
Kandadji :

“Le financement du barrage est presque acquis”

samedi 7 juin 2008

Le Barrage de Kadadji : un vieux rêve de près de quarante ans caressé par tous les régimes qui se sont succédés à la tête de l’Etat mais jamais réalisé Ce projet « chimérique » est remis de nouveau sur les rails. Va t-il cette fois ci voir le jour ? Quelles garanties pour sa réalisation ? Quand est ce que les travaux démarreront-ils ? Pour en savoir, nous nous sommes entretenus avec M. Issoufou Idé, secrétaire général du Barrage de Kandadji.

Depuis plus de quarante ans on parle du Barrage de Kandadji, mais sa réalisation a été toujours une chimère. Pensez-vous qu’aujourd’hui toutes les conditions sont enfin réunies pour sa réalisation ?

On peut dire sans risque de se tromper que ce barrage verra le jour. Il y a eu trois réunions des bailleurs de fonds. Après la revue d’études antérieures, il y a eu une réunion des bailleurs de fonds en octobre 2002. A cette réunion, l’ensemble des bailleurs ont admis que ce programme répond aux préoccupations du moment. Mais pour sa réalisation, ils ont demandé d’abord que l’étude d’impact environnemental détaillée soit faite ainsi que celle des ouvrages, en vue d’évaluer le coût définitif du programme. A cette époque le coût était à 303 millions de dollars. Aujourd’hui, avec les études détaillées, il est passé à 312 millions de dollars. A la dernière réunion des bailleurs de fonds, chacun à confirmé son intention de financer le programme. Ils avaient convenu d’organiser la revue conjointe, ce qui est une première. Avant, les partenaires venaient individuellement, mais cette fois-ci ils ont retenu le principe de faire une évaluation conjointe. Du 25 février au 18 mars les partenaires étaient venus et nous avons procédé à l’évaluation du programme pour nous mettre d’accord sur les coûts. Pour preuve, la Banque Islamique du Développement (BID) a signé la convention de financement pour cinquante millions de dollars. En juin nous attendons la signature de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et celle de la BADEA. En juillet nous attendons la signature de la BAD ; entre Août et Septembre nous attendons l’accord de financement de la Banque d’Investissement de la Cedeao. Précisons au passage qu’au cours de l’évaluation conjointe, l’ensemble des partenaires était tombé d’accord qu’au plus tard le mois d’octobre 2008, les dossiers passent à leurs conseils d’administration respectifs.

Quel est le coût de ce barrage ?

La première phase de ce programme va coûter 312 millions de dollars. La phase ultérieure sera l’équipement de la centrale hydroélectrique et la réalisation du périmètre irrigué. Puisque dans la première phase on ne fait que 6000 hectares de périmètres irrigués alors qu’il y a 122000 hectares de potentiel. Donc, c’est pourquoi dans la deuxième phase, l’équipement de la centrale va se faire dans le cadre d’un partenariat public- privé, c’est-à-dire l’Etat va se mettre en relation avec un partenaire privé. Un expert sera recruté et se chargera de proposer les différentes formes possibles. Le gouvernement et les partenaires identifieront la forme qui arrangerait mieux l’Etat du Niger.

Quelle est la contribution du Niger dans le financement ?

La contribution du Niger, c’est vraiment le gap, actuellement nous sommes autour de 80 millions de dollars. Mais il y a des partenaires qui n’hésiteront pas à se manifester. Il y a des projets qui sont exécutés dans la zone, qui n’ont pas été pris en compte. Une fois qu’on prendra les investissements de ces projets, leur participation viendra réduire la part de l’Etat dans le financement. Nous ne pouvons pas vous dire à l’heure actuelle quelle est la participation de l’Etat au financement du programme. Parce qu’il y a les coopérations bilatérales qui ne sont pas encore associées. Nous nous sommes beaucoup focalisés sur la coopération multilatérale.

Concrètement, quand est ce que les travaux de réalisation du Barrage vont commencer ?

Ce qui est sûr, avant la fin de l’année 2008, nous allons lancer l’appel d’offres pour le recrutement des entreprises qui réaliseront les travaux. Sachez que la pose de la première pierre n’a rien à voir avec le début des travaux. La pose de la première pierre interviendra lorsque nous nous assurerons que sur les huit, ou dix partenaires, il y a au moins six qui ont signé ces accords. En ce moment, on sait qu’on a emprunté un chemin de non retour. Comme nous l’avons dit, un certain nombre d’institutions financières se sont manifestées, notamment la BID à hauteur de 50 millions de dollars, la BAD pour 70 millions de dollars, la BOAD 15 millions de dollars, la BADEA a à peu près 15 millions et la Banque d’Investissement de la Cedeao à près de 7 millions et demi de dollars. On avoisine déjà les deux tiers. Une fois que ce financement est acquis, la pose de la première ne dépendra en ce moment que de l’Etat du Niger. Avez-vous mesuré déjà les conséquences et l’impact que la réalisation de ce barrage aura sur les populations riveraines et l’environnement ? Tous ces aspects ont été pris en compte. Et le Haut commissariat du Barrage est de manière permanente en rapport avec les autorités coutumières, régionales, départementales et les populations des villages concernés par le déplacement. Le gros problème c’est le déplacement des populations. L’étude de l’impact environnemental et social a été suffisamment participative et toutes les préoccupations des populations ont été prises en compte.

Propos recueillis par Albert Chaïbou


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