Alternative Espaces Citoyens Niger
Vie politique au Niger

Les obstacles à l’élection des femmes

mercredi 19 août 2009 par Diori Ibrahim

Numériquement majoritaire au sein de la population nigérienne, les femmes éprouvent des difficultés dans l’exercice de leur droit d’émerger significativement au niveau des centres de prises de décision. Leur marge de manœuvre se rétrécit davantage lorsqu’il s’agit de faire face aux couteuses campagnes électorales pour conquérir un poste politique concurrentiel avec les hommes. La pauvreté des femmes constitue, entre autres, le déséquilibre du rapport de force largement discriminatoire qu’il faut corriger.

Selon Madame Warkou Rakia, militante de la convention démocratique et sociale (CDS Rahama), conseillère commune 3 de Niamey, les élections politiques au Niger constituent un véritable casse-tête pour tous les candidats ; mais les problèmes que rencontrent les candidates sont si immenses et insoutenables qu’ils méritent que les pouvoirs publics s’y penchent pour donner sens et portée à nos lois en faveur des femmes. « Certes je reconnais que les femmes se battent nuit et jour pour briser la chaine de discrimination injustifiable dont elles sont quotidiennement l’objet. Ainsi, en tant que conseillère au sein de ma commune, j’ai été élue grâce au soutien indéfectible des femmes. Au plan financier j’ai surtout bénéficié du soutien de mon mari et des proches parents. Mon parti, lui aussi a contribué mais l’appui des partis est très insuffisant pour faire face à la concurrence déloyale des hommes ; Donc, j’ai pu combler l’insuffisance des moyens financiers car je jouis d’un capital de confiance des électeurs particulièrement les femmes consécutivement à ma sincère constance dans les activités du parti ; ce qui m’a permis de briguer le poste de conseillère malgré les obstacles rencontrés ça et là. J’encourage les femmes qui hésitent encore à s’investir dans la politique dans l’espoir inébranlable de grossir, aux prochaines élections, le rang encore restreint des élues, gage de notre émancipation. Je n’entends pas céder aux obstacles car je compte me présenter aux prochaines élections législatives. Certes je redoute les comportements discriminatoires des hommes car aux dernières élections il n’ya pratiquement pas eu des préélections des candidats au sein de notre commune. Nous étions juste réunis lorsqu’un homme, dont je tairai le nom, s’est levé pour se déclarer candidat ; un autre l’a aussi succédé pour se proposer suppléant. Comme dans une pièce théâtrale, leurs candidatures ont été entérinées sous la pression à peine voilée des hommes. C’est ainsi que les mâles dominants nous ont réduites au silence. Mais pour l’avenir je ne cautionnerai pas ces types de manœuvres déloyales », a-telle martelé avant d’en appeler à toutes les femmes de toutes les formations politiques à se mobiliser conséquemment pour se faire entendre au sein de leurs partis politiques respectifs en vue d’exercer sans complexe leur droit inaliénable d’élire et d’être élues à touts les niveaux de responsabilité. Pour donner sens et portée à ce droit, les pouvoirs publics doivent surtout œuvrer pour lutter contre la pauvreté des femmes « car notre problème de fond, c’est d’abord et avant tout la pauvreté ; et les hommes en abusent et maintiennent les femmes par la main comme des enfants en lisière ».

Quant à Habsatou Tanko, une veuve chef de ménage qui se réclame d’être militante de la première heure de CDS Rahama déclare, sans langue de bois, « n’avoir jamais été candidate en raison de l’extrême pauvreté ». Pour elle, « au stade actuel de notre jeune démocratie, la campagne politique n’est que l’expression de pouvoir d’argent. Elle exige non pas seulement les compétences personnelles mais aussi et surtout les moyens financiers ; ce sans quoi, on ne peut rien sur ce terrain où l’achat de conscience est la règle, déplore-t-elle ; c’est pourquoi je ne m’offre pas le luxe de chercher à exercer mon droit de participer à la vie politique de mon pays ; je me contente tout simplement de soutenir les autres. Mon premier souci, aujourd’hui, est de pouvoir subvenir au quotidien besoin alimentaire de ma famille ».

C’est une situation déplorable contre laquelle les femmes doivent unir leur force pour contraindre le politique à donner aux femmes la place qu’elle mérite sur l’échiquier sociopolitique nigérien soutient Madame Alimi Ibrahim, militante du PNDS Tarraya. A cet effet, nous ne devons pas baisser la garde. La gravité de la situation des femmes nous oblige à nous engager résolument dans la lutte politique pour liquider tous les obstacles qui freinent l’effectivité des droits des femmes.

Pour Madame Tidjani Delley, les femmes doivent créer une chaîne de solidarité entre elles afin de booster les hommes vers une répartition équitable des postes de responsabilité ; la lutte doit s’intensifier au sein même des formations politiques pour imposer le choix des femmes au niveau des postes électifs et nominatifs.


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