Alternative Espaces Citoyens Niger
Entretien avec Bazoum Mohamed, vice-président du PNDS-Tarayya

« Nous faisons le pari que notre alliance marchera... »

mercredi 30 juin 2010 par Mamane Kanta

Dans cet entretient qu’il nous a accordé, le vice président du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS Tarayya), Bazoum Mohamed, après un bref aperçu sur le processus de restauration de démocratie, estime que son parti n’a pas tort de croire que son heure est venue de gagner les prochaines élections présidentielles. Il affiche en outre un optimisme béant sur le pacte que la Cfdr compte signer dans la perspective des prochaines échéances électorales.

Est-ce que vous êtes satisfaits du code électoral ?

Le texte portant code électoral tel qu’il a été promulgué dans sa dernière mouture nous satisfait globalement en ce qu’il crée les conditions de l’organisation d’élections libres et transparentes dans le cadre des responsabilités conférées à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Ce texte consacre les grands acquis que nous avons réalisés en matière d’élection qui confère à la CENI des pouvoirs importants. Sous ce rapport, ce code électoral ressemble aux codes électoraux antérieurs, en particulier à celui qui a résulté de la transition de 1999. Toutefois, dans certains de ses aspects, il y a des choses qui ne nous ont pas convenus sur lesquels nous avons eu à nous prononcer ; mais ils relèvent davantage de l’accessoire que de l’essentiel.

Quels sont les grands acquis consacrés dans ce texte ?

Parmi les grands acquis on peut retenir que le ministère de l’intérieur n’est pas impliqué dans l’organisation des élections, à aucun de moments de processus. On va procéder à une révision de fichier électoral et c’est un comité technique qui aura à le faire sous la supervision de la CENI et de son président. Le déroulement des élections, c’est aussi un autre moment important dans lequel les autorités administratives n’interféreront d’aucune façon. Ça va être l’affaire de la CENI. La collecte et la proclamation des résultats provisoires, c’est aussi l’affaire de la CENI. La proclamation des résultats définitifs, elle, relève de la compétence du conseil constitutionnel qui lui aussi est constitué des personnes intègres qui sont connues pour la plupart de l’opinion nigérienne. Elles sont surtout connues pour la qualité et l’intégrité du travail qu’elles peuvent faire. Voilà pourquoi, nous disons que ce sont des acquis qui méritent d’être soulignés.

Est-ce que l’heure est venue pour le PNDS de gagner les prochaines élections présidentielles ?

Mahamadou Issoufou était deuxième aux élections de 1999. Il a pu encore être deuxième avec même plus d’écart par rapport aux autres concurrents qui viennent après lui ; Et cinq années après en 2004 alors que nous étions restés dans l’opposition et tous les autres candidats étaient pour l’essentiel impliqués au pouvoir. Depuis lors, vous avez constaté que notre parti n’a pas connu d’effritement ; bien au contraire, sa base s’est consolidée. Nous sommes en droit de penser raisonnablement que le président Issoufou incarne un certain nombre de valeurs dans lesquelles se reconnaissent les nigériens. Le PNDS incarne également ces valeurs là. Nous avons eu un comportement qui nous a donné davantage de crédibilité aux yeux de l’opinion. Nous pensons que nous serons, pour ainsi dire, payés en retour par un accroissement de suffrages qui peuvent être portés sur la personne de Mahamadou Issoufou et du parti de façon générale. Cela nous amène à penser que nous ferons un score encore meilleur que celui de 2004 où les élections s’étaient passées dans des conditions totalement différentes. Nous avions eu en face de nous le président Tandja, soutenu pratiquement par tout le reste de la classe politique, qui était déjà au pouvoir et qui voulait rempiler. Ce n’était pas très avantageux pour nous. Aujourd’hui, c’est un contexte différent. De ce point de vue, nous partons avec les mêmes chances que les autres candidats. Et nous, nous avons en plus de cela le fait que nous avons déjà capitalisé de suffrages importants. C’est pourquoi, nous pensons que nous n’aurions pas tort de croire que notre heure, nous aussi, est venue.

Selon Hama Amadou, la CFDR se prépare à signer un pacte. Quelle en sera sa particularité ?

D’abord, je vous fais observer que ceux qui ont soutenu le président Tandja en 1999 sont restés dix années avec lui, dans le cadre d’une alliance qui a eu à gérer le pouvoir. Si on doit avoir une référence aujourd’hui, c’est celle là qu’il faut invoquer davantage que des alliances qui, auparavant, n’avaient pas marché. Il n’y a que la volonté de Tandja de refuser les règles de la démocratie et le principe de l’alternance qui a fait imploser l’alliance qui l’avait soutenu pendant dix années. Donc, si on doit chercher une référence, il faut la chercher à côté au lieu d’aller fouiller un peu plus loin pour nous poser la question si cette alliance va marcher ou non. Nous faisons le pari qu’elle marchera. Même avec les acteurs qui se connaissent bien ; justement parce que ces acteurs se connaissent bien et parce qu’ils ont tiré les leçons des expériences du passé, de leur déboire personnel. Aujourd’hui, nous sommes assez mûrs pour que si nous devrions construire quelque chose, nous le faisions bien et qu’il soit solide ; qu’il soit à mesure de faire face aux situations qu’impose le cours de l’histoire de notre pays.

Cela signifie t-il que les différentes contradictions antérieures entre différents leaders sont désormais enterrées ?

Oui. On peut en faire le pari. C’est dire que nous nous connaissons bien. Il est arrivé que nous ayons eu des contradictions. Il est arrivé que nous les ayons mal réglées. Et justement parce que nous avons conscience qu’il a pu arriver que nous ayons mal réglé certaines contradictions, nous soyons à mesure de bien aborder le présent et l’avenir. De faire en sorte que nos déboires du passé nous servent à partir de maintenant.

Quelle est votre analyse de la gestion de la transition actuelle ?

Nous, nous avons exigé de la transition principalement une seule chose : Ce qu’elle concoure à restaurer la démocratie. De ce point de vue les choses se passent plutôt bien. Donc, si nous devrions avoir une opinion sur la transition, c’est l’élément là que nous mettrons en avant pour déterminer notre jugement. De ce point de vue, puisque je vous ai dit que le processus de l’organisation des élections est avancé et qu’il se passe exactement comme nous le concevions. Et bien nous disons que la transition va bien et que très certainement, au terme de l’année qui avait été programmée pour la durée de la transition, nous ayons des institutions nouvelles démocratiquement élues. Ça va être le gage de la future stabilité de notre pays.


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