Alternative Espaces Citoyens Niger
Gestion de la crise alimentaire

Les récriminations des éleveurs de la bande nord Tillabéri

lundi 18 octobre 2010 par Ousseini Issa

‘’La faim que nous avons endurée cette année, que Dieu nous en préserve à l’avenir. Nous sollicitons l’assistance des ONG qui interviennent dans nos zones. L’année dernière, c’est Timidria qui a fait des interventions dans la commune de Bankilaré et ces interventions ont beaucoup soulagé les populations car c’était la vente de céréales à prix modéré qui a été effectuée’’, raconte Albachir Adaye, le président de la sous section de l’ONG à Bankilaré. Selon lui, le sac a été vendu à 7500 francs aux pauvres. Il y en a aussi qui ont bénéficié de la distribution gratuite de céréales notamment les paysans très pauvres. Mais cette année, la gestion de la crise a été difficile.

‘’Les animaux sont décimés et il n’y a pas eu de fourrage ni de céréales. C’est l’ONG AREN qui a fait des interventions à Bankilaré et AREN ne maîtrise pas très bien la zone. Quand elle est arrivée, elle a pris contact avec les chefs traditionnels pour définir les modalités. Pour accéder au sac de mil, il faut disposer d’un ticket et le prix était à 25.000 francs, le même prix pratiqué par les commerçants’’, déplore-t-il.

A Bankilaré, c’est traditionnellement Timidria qui intervient le plus. Mais cette année, il y a eu une répartition des zones aux associations et c’est cela qui explique, selon Adaye, les difficultés qu’on connues les populations. ‘’C’est AREN qui est intervenue dans notre zone et nous n’avons pas vu grand-chose’’.

Dans le cadre de ces interventions qui ont nécessité une mobilisation de la communauté internationale, l’Etat n’était pas resté les bras croisés. Il a aussi apporté son soutien en céréales reconnaît Adaye qui regrette par contre qu’il n’y ait pas eu assez d’interventions pour sauver le bétail dans la zone. ‘’C’est seulement AREN qui a emmené du son mais à un moment où c’était trop tard ; les animaux étaient déjà décimés. Cette année, il y aura beaucoup d’exodants, le village va se vider de ses bras valides’’, alerte-t-il.

Cette situation a eu pour conséquence le bradage des animaux par les éleveurs qui risquaient de perdre tout leur troupeau. ‘’Il n’y avait rien à manger et il n’y avait pas d’argent pour y accéder. A cause du manque de fourrage, le prix des animaux a dégringolé sur les marchés et leur vente ne permet même pas de trouver assez d’argent pour acheter de la nourriture. Il n’y avait même plus de clients’’, témoigne Hassoumi Ag Zeïdi. ‘’Quand vous mettez un animal qui n’a pas d’embonpoint sur le marché, qui va l’acheter ?’’, s’interroge Bilal Adamou, un éleveur de Filingué. D’après lui, c’est seulement grâce à l’opération initiée par Oxfam, que les éleveurs ont pu trouver un peu d’argent pour acheter à manger.

Dans cette bande nord Tillabéri où la campagne agricole et pastorale 2010 suscite des inquiétudes, à cause notamment de l’insuffisance de la pluviométrie enregistrée, les populations souhaitent encore l’assistance de l’Etat et des partenaires. ‘’Nous voulons que les autorités nous aident en aliments de bétail. Si nous avons le soutien de l’Etat, nous ne serons plus soumis au diktat des commerçants véreux et le peu d’argent que les enfants partis en exode envoient peut permettre de faire face à la situation’’, indique Hassoumi.


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