Alternative Espaces Citoyens Niger
Gestion des biens publics au Niger

La transparence n’est pas au rendez-vous !

dimanche 7 novembre 2010

Les dirigeants du Niger ne veulent pas dire à leurs administrés ce qu’ils font des ressources publics. C’est du moins la conclusion de l’enquête sur l’initiative sur le budget ouvert 2010, menée également dans 93 autres pays au monde. Cette enquête qui est à sa troisième édition classe le Niger parmi les pays les moins transparents au monde en matière de transparence budgétaire.

L’enquête qui s’est basée sur les données de l’année 2009, révèle d’ailleurs que par rapport à l’année 2008, date de la dernière enquête, le Niger s’est encore enfoncé un peu plus dans l’opacité. Aujourd’hui il est pratiquement dans le peloton de queue au même niveau qu’un pays comme le Sénégal et un peu en deçà du Burkina Faso voisin. Qu’est-ce qui explique cette situation ?

Il faut savoir que l’enquête OBI cherche à mesurer entre autres le niveau d’informations budgétaires fournies par les Etats à leurs populations. Cette enquête consiste en particulier à mesurer le niveau d’accessibilité du public à huit documents budgétaires essentiels à savoir le rapport préalable au budget, le projet de budget de l’exécutif, le budget voté, le budget citoyen, le rapport en cours d’année, le revue du milieu d’année, le rapport de fin d’année et le rapport d’audit. Il se trouve que la plupart de ces documents, bien que produit par le ministère des finances, ne sont pas accessibles au public. Ils sont destinés à un usage interne. Bien sûr, on peut se procurer au moins certains de ces documents si on a « des relations » au sein de l’administration. Or l’accessibilité dans le sens de cette enquête OBI renvoie à un document publié « dans un délai raisonnable par l’institution ou l’organe responsable de sa production et ce document « doit être disponible à un coût minimal à quiconque souhaite y accéder ». Le document doit donc être disponible pour tout citoyen qui veut y accéder, pas seulement pour ceux qui ont des relations. Certains pays mettent d’ailleurs carrément ces documents sur internet pour un souci d’une plus grande transparence. Mais au fond, le score du Niger s’explique pour une bonne part par la crise politique récente vécue par le pays. Du fait de cette crise, le Niger n’a plus produit de loi de règlement depuis celui de l’année 2006, faute de Parlement. Or la loi de règlement fait partie des huit documents budgétaires clés sur lesquels se base l’enquête sur le budget ouvert.

La situation du Niger s’explique aussi par la situation des institutions de contrôle de l’exécution budgétaire. Il faut rappeler que jusqu’à un passé récent, c’est la chambre de compte qui auditait l’exécution du budget. Or celle-ci, du fait de ses moyens limités ne pouvait donner entièrement satisfaction dans cette mission.

Aujourd’hui, le Niger a décidé de se doter d’une Cour des Comptes, une institution au statut plus solide et aux pouvoir plus étendues et donc plus aptes dans la théorie au moins, à faire ce travail. On peut donc espérer un meilleur contrôle de l’exécution budgétaire.

L’enquête OBI 2010 montre que le Niger peut présenter des biens meilleurs performances en matière de transparence budgétaire. Mais il s’agit avant tout d’une volonté politique ; si les dirigeants de ce pays considèrent que le peuple a droit à un minimum d’information sur la gestion des biens publics, sur les choix politiques économique ou sociaux des dirigeants, il peut bel et bien corriger la situation actuelle. Par contre si les gouvernements considèrent que le rôle de la population est de payer les taxes et impôts et ne rien demander en contre partie, même pas un minimum de transparence, le pays peut continuer à sombrer dans le manque de transparence. Et les conséquences peuvent bien être dommageables pour l’image du pays mais aussi pour son développement futur.

Par contre on peut se féliciter du fait que le pays le plus transparent au vu de cette enquête qui a concerné y compris les anciennes démocraties comme les USA, la France, la Grande Bretagne vient d’Afrique. Il s’agit de l’Afrique du Sud qui montre que l’Afrique a bien d’autres choses à présenter au reste du monde que le sida ou les famines.


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