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Les Nigériens attendent toujours la réponse aux grands défis

vendredi 16 septembre 2011 par Hassane Boukar

Pour le peu temps qu’il a passé au pouvoir, à peine six mois, on peut remarquer que le régime de Issoufou Mahamadou soulève beaucoup de vagues. Sa gestion est à la fois décriée par ses adversaires mais aussi ses partisans. Même ses louables initiatives en faveur de la lutte contre l’impunité et l’enrichissement illicite ne sont pas épargnées. Mais le plus difficile pour lui pourrait être la gestion, presque inédite de la crise alimentaire, deux années consécutives.

Issoufou Mahamadou et son parti, le PNDS-Tarayya, se sont fait distinguer par leur discours acerbe et leurs critiques plutôt virulentes sur la mal gouvernance et l’impunité pendant plus d’une décennie d’opposition. Ils n’ont eu de cesse de dénoncer une mal gouvernance dont une des figures de proue est l’homme d’affaire Zakou Djibo dit « Zakai » ; un homme abonné aux marchés publics à scandales. Mais les rôles sont désormais inversés.

Les nigériens ont voulu donner une chance à Issoufou Mahamadou ; ils l’ont élu Président de la République et ont voulu qu’il agisse et décide en leur nom. Ce faisant, les électeurs attendent qu’il combatte tous ces fléaux qu’il n’a eu de cesse de dénoncer pendant qu’il était opposant. Ils ont voulu le mettre à l’épreuve.

Il a donc rendez-vous avec lui-même et avec l’histoire. Voila pourquoi les tergiversations et autres calculs politiques qui semblent pointer dans le traitement du dossier de lutte contre l’impunité ne le servent pas mais plutôt ses adversaires d’aujourd’hui et ceux de demain.

Sur ce chapitre, le sort qui sera réservé à la demande faite par le procureur de lever l’immunité du député Zakou Djibo sera un test pour lui et son régime. S’il ne peut pas obtenir de sa majorité actuelle qu’elle lève l’immunité de Zakaï, évidemment c’est vouloir distraire les nigériens que d’ouvrir un chantier sur la lutte contre l’enrichissement illicite. A moins qu’il ne veuille faire comme son prédécesseur qui a passé la fin de son règne à inaugurer des chantiers presque jamais achevés. Mais face à la crise alimentaire qui pointe en ce moment, avec seulement 15% de cultures au stade de grenaison au 31 août 2011, comme l’a révélé le conseil des ministres, tous ces chantiers cités plus haut pourrait être relégués au second rang.

En effet, le risque qui guette le Niger est de faire face, deux années de suite, à une crise alimentaire. Celle de l’année dernière a concerné la moitié de la population nigérienne. Ses conséquences ont été fatales pour les producteurs nigériens. Le cheptel a été plus particulièrement affecté ; en temps normal, il faut plusieurs années d’accalmie pour que les éleveurs puissent reconstituer ne serait-ce qu’en partie leurs troupeaux. On comprend dès lors le « grand défi » qui attend Issoufou mais aussi les nigériens dans leur ensemble. C’est une situation presque inédite qui peut retourner les vagues contre lui et son régime.

A moins qu’il ne se rappelle de ces moments où son parti avait pour slogan non pas les « 3N », mais la « réponse aux grands défis ».


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