« Niamey nyala » : des caniveaux d’abord… des échangeurs ensuite !
mercredi 5 septembre 2012 par Hassane Boukar
Le brusque niveau atteint par le fleuve Niger, alimenté par des pluies diluviennes tombées le long de son parcours semble sortir de l’ordinaire. Les techniciens semblent eux-mêmes quelque peu surpris. Et du coup, le débordement du fleuve qui a inondé une partie de son lit longtemps colonisé par la terre ferme, surprenant et engloutissant sous les eaux des quartiers comme Saga est difficilement prévisible. Mais les pertes en vies humaines et les dégâts énormes causés par cette inondation dans les quartiers riverains du Djoliba, ne doivent pas faire oublier le fait que le centre ville de Niamey a aussi été inondé. Du quartier Zabarkan à Jangorzo en passant par plusieurs quartiers du centre ville, les voies ont été submergées d’eau, débordant quelques fois dans les concessions. La circulation est devenue très difficile par endroit, puisque les eaux de pluies ont aggravé les nids de poules très présents sur certaines voies comme celles conduisant au quartier Jangorzo. Cette situation, elle, est prévisible puisqu’elle survient chaque année. Il est possible de l’éviter ne serait-ce qu’en curant les caniveaux à la veille de la saison. Mais les autorités font souvent semblant d’être surprises ne réagissant que lorsque les maisons tombent. Les habitants de ces quartiers sont ainsi condamnés à supporter l’odeur nauséabonde de ces mares qui deviennent le logis privilégié des moustiques.
Mais il n’y a pas que le centre ville qui est inondé. A la périphérie de nouveaux quartiers comme Banizoumbou 2 ou Bobiel ont été également inondés. Les rues de ces quartiers sont submergées d’eau obligeant les usagers à faufiler pour atteindre leurs destinations.
Ces inondations, au-delà du fait qu’elles sont dues quelques fois à la mauvaise gestion des caniveaux, posent aussi la question de l’assainissement de nos villes et de la capitale en particulier. Depuis quelques années en effet, les autorités municipales de la capitale ont adopté comme sport favori la création de nouveaux quartiers dépassant et rendant caduque le schéma directeur de la ville de Niamey. Il leur est d’autant plus facile de créer ces quartiers puisque au fil du temps, ils ont perdu toute obligation de viabiliser les nouveaux quartiers. Alors qu’en principe les frais de vente de parcelles doivent servir à viabiliser ces dernières, depuis quelques années, ces recettes servent plutôt au fonctionnement des communes, notamment le paiement des salaires ou autres activités des municipalités. Dès que les mairies manquent de ressources, le recours facile est la création de nouveaux quartiers afin de gagner de l’argent. Finalement il se crée régulièrement de nouveaux quartiers sans aucun plan d’assainissement et dont les rues, à la moindre pluie, sont inondées, donnant lieu à des situations comme c’est les cas ces derniers jours. Construire une ville le long d’un cours d’eau vous expose déjà à des risques ; ne pas prévoir le minimum de précaution, à savoir des canalisations pour faire évacuer les eaux ne peut être que suicidaire. Les promoteurs du fameux projet d’embellissement de la capitale (Niamey nyala) doivent d’abord se soucier de construire des caniveaux avant des échangeurs...
Hassane Boukar
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