Grève illimitée dans les IUT et à l’EMIG
samedi 13 octobre 2012 par Hassane Boukar
Plus de 4 mois après le vote de cette loi, “les choses n’avancent pas” disent les grévistes. Pourtant, sur convocation du ministère de tutelle, celui de l’enseignement supérieur, un comité a été mis en place afin de faire des propositions relatives à l’élaboration du projet de décret d’application ; le comité a déjà fini ses travaux depuis fin juin. Ces travaux se sont déroulé presque en même temps que celui d’un autre comité, censé faire le même travail cette fois-ci au profit des enseignants chercheurs de l’université de Niamey ; ces derniers sont également bénéficiaires d’une loi portant sur leur statut, votée toujours au mois de mai 2012 par l’Assemblée nationale. Chemin faisant, les enseignants des IUT font le constat que les choses « vont vite » quand il s’agit de leurs collègues de l’Université de Niamey et qu’elles vont à pas de caméléon lorsqu’elles les concernent.
Dans une déclaration rendue publique le 1er octobre 2012, les grévistes ont laissé croire qu’il y a une volonté de laisser trainer leur cas. « Comment comprendre qu’alors que les textes des technologues et ceux des enseignants chercheurs devaient passer ensemble en conseil de cabinet, puis en conseil de ministres, les nôtres soient soustraits pour être soumis au COTEVET (NDLR : comité technique de vérification des textes) ?.. » s’interroge le représentant des enseignants des IUT, Dan Lamso Tassiou.
Les enseignants des IUT et de l’EMIG accusent en particulier le Secrétaire Général du gouvernement (SGG), lui-même enseignant chercheur à l’UAM, de vouloir faire diversion sur leur dossier. Ils l’accusent de renvoyer une deuxième fois leur dossier au COTEVET sous prétexte que d’autres acteurs étaient absents lors du premier examen au cours duquel le comité avait pourtant examiné ce dossier. Et comme si cela ne suffisait pas disent-ils, le SGG a opéré un troisième renvoi de leur dossier cette fois-ci au ministère de la fonction publique. Entre temps, pour les enseignants de l’université de Niamey, le nouveau statut a déjà pris effet disent les enseignants des IUT.
Face à cette situation qu’ils qualifient de « révoltante », les enseignants des UIT et de l’EMIG ont décidé de maintenir « l’arrêt de toutes les activités académiques (cours magistral, TD, TP, encadrement, soutenance, etc) dans les IUT et à l’EMIG jusqu’au règlement définitif » de ce litige. Le combat de ces enseignants se justifie par le souci de sécuriser leur carrière. Car disent-ils, pour l’instant ils ne sont régi que par un « simple procès verbal de réunion ».
Les premières victimes de cette grève sont d’abord les étudiants de ces établissements. Ceux de l’IUT de Tahoua par exemple n’ont même pas fini certains examens de l’année dernière. Du coup la situation se complique pour eux. Ils sont d’ailleurs montés au créneau récemment pour appeler à la résolution de ce blocage qui les oblige à rester loin des amphithéâtres.
Hassane Boukar
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