Alternative Espaces Citoyens Niger http://www.alternativeniger.org/ fr SPIP - www.spip.net Les récriminations des éleveurs de la bande nord Tillabéri http://www.alternativeniger.org/spip.php?article502 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article502 2010-10-18T16:12:00Z text/html fr Ousseini Issa Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire ‘'La faim que nous avons endurée cette année, que Dieu nous en préserve à l'avenir. Nous sollicitons l'assistance des ONG qui interviennent dans nos zones. L'année dernière, c'est Timidria qui a fait des interventions dans la commune de Bankilaré et ces interventions ont beaucoup soulagé les populations car c'était la vente de céréales à prix modéré qui a été effectuée'', raconte Albachir Adaye, le président de la sous section de (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <img src="http://www.alternativeniger.org/IMG/arton502.jpg" alt="" align="right" width="1152" height="1536" class="spip_logos" /> <div class='rss_texte'><p class="spip"><i class="spip">‘'La faim que nous avons endurée cette année, que Dieu nous en préserve à l'avenir. Nous sollicitons l'assistance des ONG qui interviennent dans nos zones. L'année dernière, c'est Timidria qui a fait des interventions dans la commune de Bankilaré et ces interventions ont beaucoup soulagé les populations car c'était la vente de céréales à prix modéré qui a été effectuée'',</i> raconte Albachir Adaye, le président de la sous section de l'ONG à Bankilaré. Selon lui, le sac a été vendu à 7500 francs aux pauvres. Il y en a aussi qui ont bénéficié de la distribution gratuite de céréales notamment les paysans très pauvres. Mais cette année, la gestion de la crise a été difficile.</p> <p class="spip">‘'Les animaux sont décimés et il n'y a pas eu de fourrage ni de céréales. C'est l'ONG AREN qui a fait des interventions à Bankilaré et AREN ne maîtrise pas très bien la zone. Quand elle est arrivée, elle a pris contact avec les chefs traditionnels pour définir les modalités. Pour accéder au sac de mil, il faut disposer d'un ticket et le prix était à 25.000 francs, le même prix pratiqué par les commerçants'', déplore-t-il.</p> <p class="spip">A Bankilaré, c'est traditionnellement Timidria qui intervient le plus. Mais cette année, il y a eu une répartition des zones aux associations et c'est cela qui explique, selon Adaye, les difficultés qu'on connues les populations. ‘'C'est AREN qui est intervenue dans notre zone et nous n'avons pas vu grand-chose''.</p> <p class="spip">Dans le cadre de ces interventions qui ont nécessité une mobilisation de la communauté internationale, l'Etat n'était pas resté les bras croisés. Il a aussi apporté son soutien en céréales reconnaît Adaye qui regrette par contre qu'il n'y ait pas eu assez d'interventions pour sauver le bétail dans la zone. ‘'C'est seulement AREN qui a emmené du son mais à un moment où c'était trop tard ; les animaux étaient déjà décimés. Cette année, il y aura beaucoup d'exodants, le village va se vider de ses bras valides'', alerte-t-il.</p> <p class="spip">Cette situation a eu pour conséquence le bradage des animaux par les éleveurs qui risquaient de perdre tout leur troupeau. ‘'Il n'y avait rien à manger et il n'y avait pas d'argent pour y accéder. A cause du manque de fourrage, le prix des animaux a dégringolé sur les marchés et leur vente ne permet même pas de trouver assez d'argent pour acheter de la nourriture. Il n'y avait même plus de clients'', témoigne Hassoumi Ag Zeïdi. ‘'Quand vous mettez un animal qui n'a pas d'embonpoint sur le marché, qui va l'acheter ?'', s'interroge Bilal Adamou, un éleveur de Filingué. D'après lui, c'est seulement grâce à l'opération initiée par Oxfam, que les éleveurs ont pu trouver un peu d'argent pour acheter à manger.</p> <p class="spip">Dans cette bande nord Tillabéri où la campagne agricole et pastorale 2010 suscite des inquiétudes, à cause notamment de l'insuffisance de la pluviométrie enregistrée, les populations souhaitent encore l'assistance de l'Etat et des partenaires. ‘'Nous voulons que les autorités nous aident en aliments de bétail. Si nous avons le soutien de l'Etat, nous ne serons plus soumis au diktat des commerçants véreux et le peu d'argent que les enfants partis en exode envoient peut permettre de faire face à la situation'', indique Hassoumi.</p></div> Le combat d'un consortium au Niger http://www.alternativeniger.org/spip.php?article501 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article501 2010-10-18T16:08:00Z text/html fr H B Tcherno Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire La souveraineté alimentaire est un sujet d'actualité. Depuis la crise globale de 2008, il est au cœur des revendications de la société civile et des mouvements paysans qui se battent pour un monde débarrassé de la faim. Au Niger, depuis quelques années, un consortium d'OSC a vu le jour pour prendre en charge cette thématique. <br />La crise de 2008 a remis à l'ordre du jour les enjeux de production et de politiques agricoles à l'origine de la pauvreté et de la faim (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">La souveraineté alimentaire est un sujet d'actualité. Depuis la crise globale de 2008, il est au cœur des revendications de la société civile et des mouvements paysans qui se battent pour un monde débarrassé de la faim. Au Niger, depuis quelques années, un consortium d'OSC a vu le jour pour prendre en charge cette thématique.</p> <p class="spip">La crise de 2008 a remis à l'ordre du jour les enjeux de production et de politiques agricoles à l'origine de la pauvreté et de la faim dont souffre atrocement l'humanité. Face à cette crise d'une ampleur sans précédent, de nombreuses organisations paysannes et de citoyens vexés par la situation de dépendance alimentaire ont décidé de réagir en revendiquant l'érection immédiate des politiques agricoles et de développement ayant pour finalité la souveraineté alimentaire. Popularisé par le mouvement paysan transnational La Via Campesina -regroupement de centaines d'organisations d'agriculteurs et de familles paysannes présents dans 69 pays- en réplique au concept de sécurité alimentaire, la notion de souveraineté alimentaire est définie comme « le droit des peuples d'élaborer leurs propres politiques agricoles ».</p> <p class="spip">Développée en opposition au concept de sécurité alimentaire qui fait surtout référence à la production d'aliments en quantité suffisante, sans se soucier du mode de production ou du type d'aliments, la notion de souveraineté alimentaire intègre la diversité des cultures, le choix du type d'aliments en mettant « l'accent sur l'auto-gouvernance du système alimentaire par ceux et celles qui vivent de la terre et la cultivent ». Cette approche constitue une rupture par rapport à l'organisation actuelle des marchés agricoles mise en œuvre par l'organisation mondiale du commerce (OMC).</p> <p class="spip">Les contours et les grands axes stratégiques de ce concept ont été précisés dans une déclaration dite de Nyéléni qui, aussitôt rédigé, a reçu la bénédiction d'environ 600 délégués lors d'un forum consacré au sujet en Février 2007 à Sélingué, village malien situé à 140 km de Bamako.</p> <p class="spip">En résumé, celui-ci implique que « chaque pays puisse nourrir sa population, dans le respect de la nature et des paysans, et sans que le commerce de ses denrées ne provoque de conséquences qui pourraient nuire à d'autres contrées ».</p> <p class="spip">Les partisans de la souveraineté alimentaire militent pour une autre agriculture, axée d'abord sur les besoins des communautés de base et respectant l'environnement et les cultures. Bien qu'objet de critiques de la part de certains groupes y compris au sein du mouvement altermondialiste qui lui reprochent de promouvoir une politique d'autarcie et de fermeture, la campagne pour la souveraineté alimentaire rallie de plus en plus un nombre impressionnant d'acteurs sociaux et de citoyens aux quatre coins du globe.</p> <p class="spip">Au Niger depuis quelques années, un consortium pour le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire a vu le jour pour prendre en charge cette préoccupation citoyenne dans un contexte national caractérisé par des crises alimentaires récurrentes. Aussitôt constitué, ce consortium composé de cinq organisations de la société civile (ANDDH, Alternative Espaces Citoyens, Aren, Mooriben, Timidria) a mis en branle une vaste panoplie d'initiatives pour atteindre les objectifs qu'il s'est fixé dont celui de contribuer d'ici 2015 à rendre effectif le droit à l'alimentation, à travers des politiques et des lois garantissant la souveraineté alimentaire.</p> <p class="spip">Appuyé par Oxfam Novib, le programme d'actions de ce consortium comprend plusieurs volets attestant de la diversité des thématiques d'intervention des acteurs qui le constitue. Il s'agit d'activités de plaidoyer, d'enquêtes de terrain, de sensibilisation -communication du public, de formation des acteurs (organisations paysannes, médias) d'assistance et de suivi des actions humanitaires en situation d'urgence. Le plaidoyer du consortium cible les décideurs (membres de l'exécutif, élus) car leur rôle est crucial pour la mise en œuvre des politiques et mesures devant garantir un accès équitable aux ressources stratégiques pour une agriculture nourricière : terre, eau, financement...</p> <p class="spip">Depuis sa constitution, le consortium a abattu un travail énorme de réflexion, de sensibilisation de l'opinion publique et de mobilisation, et de formulations de propositions alternatives aux logiques néolibérales. En 2007, il a conduit un projet de soutien aux ménages vulnérables à l'insécurité alimentaire dans 226 villages et campements répartis dans cinq départements de la région de Tillabéry. En dépit des difficultés rencontrées, l'évaluation externe indique que le projet a reçu un satisfécit des bénéficiaires et des autorités locales.</p> <p class="spip">« Nous avons tant attendu les vivres a prix modéré de l`Etat, mais jusqu`ici nous n`avons rien reçu. Heureusement que vos associations ont pensé à aider nos populations sinon c'est la catastrophe ! Nous remercions vos associations et votre partenaire OXFAM Novib » indique le document du bilan de la phase pilote.</p> <p class="spip">Au chapitre des activités, il faut citer l'organisation d'une série d' ateliers de formation des membres du Consortium, des responsables des OP et des animateurs des médias communautaires en vue de renforcer leurs capacités à conduire ou à s'impliquer dans des actions de plaidoyer en faveur du droit à l'alimentation. Le consortium a réalisé une multitude d'émissions radiophoniques dans trois langues diffusées dans les radios communautaires, de bulletins spéciaux et un manuel sur le DA et la Souveraineté alimenatire. Toujours dans le domaine de la communication, plusieurs films documentaires de bonne facture ont été réalisés par l'unité de production audiovisuelle de Alternative. Le consortium compte également à son actif la célébration annuelle de la JMA marquée par des conférences publiques et l'organisation de diners sociaux au profit des enfants des ménages et écoles des quartiers défavorisés.</p> <p class="spip">C'est sur la base des résultats obtenus, que le consortium a décidé d'élaborer un programme de plaidoyer sur le droit à l'alimentation et à la citoyenneté au Niger et dans la sous région. Celui-ci a été exécuté avec des organisations du Mali et du Burkina Faso qui ont présenté le fruit de leurs expériences lors du forum social africain organisé à Niamey en 2008.</p> <p class="spip">Fort des acquis engrangés, le consortium s'est doté d'un plan stratégique pour la période 2010-2015. Ce plan a été établi lors d'un atelier d'autoévaluation de la phase pilote du programme régional de plaidoyer.</p> <p class="spip">Conscient que son défi majeur est de donner un contenu opérationnel au concept de Souveraineté alimentaire et de lui trouver une traduction effective dans les politiques nationales, le consortium a rédigé une proposition de loi-cadre sur le droit à l'alimentation qui a fait l'objet d'un partage avec le public lors d'une table ronde organisée à l'occasion de la JMA 2009.</p> <p class="spip">L'organisation du forum thématique de Niamey sur le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire qui a clos ses travaux dans l'après midi du 18 octobre est à inscrire dans le registre des réalisations du consortium qui n'entend pas s'arrêter à mi chemin.</p></div> Pourquoi un Forum sur la souveraineté alimentaire ? http://www.alternativeniger.org/spip.php?article500 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article500 2010-10-18T16:03:00Z text/html fr Par Lamine Souleymane Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire « Le Forum sur le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire est une forme de contribution du Consortium de nos organisations de la société civile, aux activités commémoratives de la Journée Mondiale pour l'Alimentation fêtée le 16 octobre de chaque année. <br />Vous savez autant que moi que la faim continue à tuer particulièrement dans les pays africains et le Niger fait partie de ces pays confrontés à des difficultés sur le plan alimentaire. <br />Ce Forum se veut un espace (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <img src="http://www.alternativeniger.org/IMG/arton500.jpg" alt="" align="right" width="586" height="686" class="spip_logos" /> <div class='rss_texte'><p class="spip">« Le Forum sur le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire est une forme de contribution du Consortium de nos organisations de la société civile, aux activités commémoratives de la Journée Mondiale pour l'Alimentation fêtée le 16 octobre de chaque année.</p> <p class="spip">Vous savez autant que moi que la faim continue à tuer particulièrement dans les pays africains et le Niger fait partie de ces pays confrontés à des difficultés sur le plan alimentaire.</p> <p class="spip">Ce Forum se veut un espace d'échange d'idées, d'expériences, de connaissances. C'est pour cela que des producteurs et productrices ont été invités de huit régions du pays pour échanger et partager les enjeux et les difficultés auxquelles ils font face et ensemble dégager les perspectives.</p> <p class="spip">Il faut aussi dire que la vocation n'est pas de finir avec des recommandations et des résolutions, mais nous allons continuer à échanger avec les participants. Nous devons faire en sorte que ce cadre d'échange soit mis à profit afin d'amener tous les acteurs à œuvrer pour l'accompagnement des activités pastorales et agricoles et atteindre l'autosuffisance alimentaire. C'est pour relever ce défi que nous avons fait appel à beaucoup de groupements de paysans pour les amener à s'impliquer pleinement dans le combat pour la souveraineté alimentaire et susciter en milieu rural les vrais changements attendus par le forum.</p> <p class="spip">Nous attendons de l'Etat plus d'engagement et de considération vis-à-vis des préoccupations des paysans. L'Etat doit s'investir dans le domaine de l'agriculture pour pouvoir accompagner véritablement les paysans. J'insiste là-dessus parce que c'est l'élément déterminant pour juguler la situation de crise alimentaire dans notre pays.</p> <p class="spip">C'est regrettable de constater aujourd'hui que des pays qui jadis étaient aidés par le Niger sur le plan alimentaire, que ce soient eux qui nous viennent en aide. Au gré de cette situation de famine beaucoup de nigériens se sont sentis tombés au point où certains d'entre nous ont honte aujourd'hui de décliner leur identité. »</p></div> L'expérience burkinabé avec Florence Ouattara http://www.alternativeniger.org/spip.php?article499 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article499 2010-10-18T15:57:00Z text/html fr Par Lamine Souleymane Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire Les femmes, dans presque tous les pays du Sahel, n'ont pas accès à la terre en dépit de leur savoir-faire en matière de production agricole. Dans leurs efforts pour assurer l'accès à la terre, celles-ci sont confrontées à des restrictions liées à la fois au droit coutumier et à l'inefficacité de la législation moderne et des processus actuels de réforme agraire. Par exemple dans les cas de séparation ou de veuvage, les femmes se voient refuser le droit de continuer à (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <img src="http://www.alternativeniger.org/IMG/arton499.jpg" alt="" align="right" width="367" height="356" class="spip_logos" /> <div class='rss_texte'><p class="spip">Les femmes, dans presque tous les pays du Sahel, n'ont pas accès à la terre en dépit de leur savoir-faire en matière de production agricole. Dans leurs efforts pour assurer l'accès à la terre, celles-ci sont confrontées à des restrictions liées à la fois au droit coutumier et à l'inefficacité de la législation moderne et des processus actuels de réforme agraire. Par exemple dans les cas de séparation ou de veuvage, les femmes se voient refuser le droit de continuer à produire. Leurs terres leur sont arrachées. Elles sont obligées d'épouser un beau-frère sous peine de ne plus avoir accès aux crédits et aux moyens de production.</p> <p class="spip">C'est très rarement que les femmes héritent de terres. Devant cette forme de « discrimination légale », beaucoup d'entre elles sont contraintes à migrer en milieu urbain, pour se prostituer si elles ne deviennent l'objet de trafics sexuels.</p> <p class="spip"><strong class="spip">Quand les pesanteurs socioculturelles font ombrage à la justice sociale</strong></p> <p class="spip">Dans un entretien qu'elle nous accordé en marge des travaux du Forum de Niamey sur la souveraineté alimentaire, Mme Florence Ouattara, Vice présidente de la Ligue pour la Défense de la Justice et de la Liberté (LIDEJEL), une Association basée au Burkina-Faso, reconnaît que les femmes ont toujours été marginalisées par rapport à la question d'accès à la terre en raison de certaines pesanteurs sociales. La fille d'autrui qui peut partir un jour, soit à la suite du divorce ou de veuvage« La femme n'a pas le même statut que l'homme, elle n'a pas droit au partage d'héritage au même titre que l'homme. Dans beaucoup de sociétés, on pense que la femme est appelée un jour à quitter la famille maternelle pour aller ailleurs, de ce fait qu'elle n'a pas droit à la terre qu'elle amènera ailleurs. Ce raisonnement vaut dans sa famille naturelle comme dans sa belle famille, où les parents du mari de la femme la considèrent comme la fille d'autrui qui peut quitter le mari à tout moment ».</p> <p class="spip">Mme Florence a interpellé les organisations paysannes et celles de défense des droits de l'Homme à unir leurs forces pour faire valoir le droit d'accès à la terre des femmes et faire tomber tous les stéréotypes véhiculés dans les sociétés africaines et qui contraignent le développement de la femme.</p> <p class="spip"><strong class="spip">De la question de justice sociale…au problème de développement</strong></p> <p class="spip">Seulement, on constate avec Florence que les choses semblent évoluer positivement au Burkina-Faso où l'accès des femmes à la terre « n'est plus un problème de justice sociale, mais plutôt une question de développement ». La vice-présidente du LIDEJEL a souligné que dans les Etats du Sahel, le ratio des femmes agriculteurs tourne autour de 80 à 90%. Fort de ce constat, il n'y a pas de raison à ce que la femme rurale soit marginalisée en matière d'accès à la terre et à toutes les ressources liées à son exploitation. Cette situation n'est pas sans conséquences car elle a porté un coup dur aux questions de développement partout au Burkina-Faso. C'est partant de ce constat que le sujet est passé du stade de la justice sociale à la question de développement. Florence Ouattara s'est dite convaincue que si la femme est formée elle peut accompagner l'homme dans ses activités agricoles au quotidien.</p> <p class="spip"><strong class="spip">Une volonté politique qui s'affiche…mais une mise en œuvre difficile quand même</strong></p> <p class="spip">La question de la réforme agraire au Burkina Faso a fait l'objet de plusieurs relectures. Mais des problèmes existent toujours surtout en ce qui concerne l'attribution de titres fonciers aux femmes, a relevé Mme Ouattara en dépit de la volonté politique qui s'affiche. C'est pourquoi, selon elle, le combat doit continuer. Dans les aménagements réalisés par le gouvernement burkinabè, désormais un pourcentage doit être concédé aux femmes qui exercent les activités agricoles notamment la riziculture, la culture du maïs. Ceci vaut au sein des projets et programmes où l'Etat exige de manière formelle, dans le cadre de toute activité relative à l'exploitation des terres, que les femmes aient un pourcentage. Outre cette ouverture, Mme Florence Ouattara a noté avec satisfaction que depuis un certain temps, les femmes au Burkina. Faso ont commencé à bénéficier des appuis-accompagnement et de renforcements de capacités en matière de production. Cependant, il faut dire que ce coup de pouce fait à la femme n'a pas permis à aplanir les quelques difficultés que rencontre la réforme agraire. Une des difficultés porte sur l'adhésion « des chefs de terres » aux textes concoctés dans les bureaux qui ne cadrent pas avec les réalités de terrain. Selon elle, il faut réaménager les textes de façon à ce que la terre appartienne à celui qui la travaille.</p> <p class="spip"><strong class="spip"> Et pour que la femme puisse accéder à la terre… que faut-il faire ?</strong></p> <p class="spip">Nous demandons aux femmes qui sont les principales concernées de ce combat pour la souveraineté alimentaire, de s'organiser, d'unir leurs forces d'intégrer des structures de défense de droit de l'Homme. C'est à travers ces structures que les femmes vont se frayer elles-mêmes de petites passerelles pour accéder aux terres et surmonter les pesanteurs socioculturelles. Le combat pour l'accès des femmes à la terre doit se faire de manière collective. C'est pourquoi je leur conseille de ne pas aller en rangs dispersés.</p></div> Beaucoup reste à faire... http://www.alternativeniger.org/spip.php?article498 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article498 2010-10-18T15:53:00Z text/html fr Garé Amadou Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire Le forum thématique sur « le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire » se poursuit à Niamey avec la participation de citoyens venus de toutes les régions du pays. <br />La matinée de la première journée a été marquée par d'importantes communications ayant toutes un rapport avec le thème de ce forum. Ainsi, la première communication portant sur l'axe promouvoir le droit à l'alimentation et réaliser la souveraineté alimentaire a été livrée par Almoustapha (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Le forum thématique sur « le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire » se poursuit à Niamey avec la participation de citoyens venus de toutes les régions du pays.</p> <p class="spip">La matinée de la première journée a été marquée par d'importantes communications ayant toutes un rapport avec le thème de ce forum. Ainsi, la première communication portant sur l'axe promouvoir le droit à l'alimentation et réaliser la souveraineté alimentaire a été livrée par Almoustapha Moumouni, Coordonnateur de Swissaid au Niger. Le thème de son intervention est : « le marché contre le droit à l'alimentation : quelles mesures pour juguler les effets pervers de la libéralisation sur les producteurs et les ménages ».</p> <p class="spip">Le conférencier a mis en exergue le fait que les pays sahéliens ont subi des pressions des institutions financières internationales qui les ont poussé à adopter des reformes dans le domaine vital du développement agricole. Les conséquences de tout cela est que les investissements publics qui étaient censés booster l'agriculture de ces pays ont diminué drastiquement. La seconde conséquence est de l'avis du conférencier, la libéralisation des consommations des denrées alimentaires. Les multinationales occidentales dans leur souci effréné de chercher à se remplir les poches ont fait la promotion de cultures de certains produits qui devaient au final alimenter les industries alimentaires occidentales. C'est le cas de l'arachide et du coton qui sont abondamment utilisés respectivement dans l'agroalimentaire et le textile. Ce qui, par voie de fait, va amener les pays africains dont ceux du sahel à abandonner petit à petit leurs productions agricoles destinées à la consommation locale. L'approvisionnement en nourriture devait selon le schéma des institutions financières être l'apanage des pays occidentaux qui allaient inonder les marchés des pays pauvres de leurs produits vendus aux africains. D'un bout à l'autre du système, ce sont les économies des pays capitalistes qui allaient en sortir renforcées. Devant la réticence des pays visés, les bailleurs de fonds ont menacé de suspendre leurs appuis financiers. L'exemple du Niger est caractéristique de cette situation de tentative de mainmise des pays riches sur l'agriculture des pays pauvres. La liquidation de la Société Nigérienne de Commercialisation de l'Arachide (SONARA) et celle de la Caisse Nationale de Crédit Agricole en est une preuve palpable. Il en est de même de l'Office National des Produits Vivriers du Niger (OPVN) qui en était réduite à la gestion du stock national de sécurité. Le monopole que celle-ci exerçait en garantissant la fixité des prix à la production et à la consommation.</p> <p class="spip">Almoustapha Moumouni a expliqué que les puissances économiques capitalistes ont poussé la gloutonnerie jusqu'à adopter un nouveau système qui consiste à acheter les terrains en Afrique afin de cultiver des plantes qui vont servir dans leurs pays. Les engrais produits au plan national sont achetés pour être stockés en Europe. Le moment venu, ces engrais sont revendus aux pays pauvres avec un intérêt substantiel. Cette libéralisation du secteur agricole a eu une double conséquence néfaste car non seulement les producteurs ont subi un important manque à gagner, mais également la vulnérabilité des ménages a été accentuée. Les gouvernements du sahel doivent en conclusion réfléchir à mettre en en place des politiques plus adaptées à nos réalités et permettre à ces pays de pouvoir grâce à leur production parvenir à garantir le droit à l'alimentation. Cela à travers l'approvisionnement des marchés en produits à des prix étudiés permettant aux consommateurs de les acquérir.</p> <p class="spip">La deuxième communication a porté sur le thème « quelle politique agricole pour réaliser la souveraineté alimentaire ? ». Un travail de réflexion et d'analyse mené par le Dr Rhissa Zakari. Ce dernier a passé à la critique les différentes politiques agricoles mises en œuvres par les Etats sahéliens dont le Niger en mettant en exergue l'incohérence entre les politiques nationales et celle préconisée par la communauté économique des états de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) dans un cadre commun bien définie. Une incohérence qui a une conséquence sur la productivité. La nécessité de repenser les politiques agricoles est devenue une nécessité afin de parvenir à une souveraineté alimentaire. Les participants au forum ont fait certaines propositions allant dans ce sens.</p> <p class="spip">La troisième communication est celle livrée par Hassan Boukar sur le thème « financement de l'agriculture, quel bilan 7 ans après l'engagement de Maputo ». Pour planter le décor, le communicateur a rappelé ce qu'est l'engagement de Maputo qui a été l'initiative de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO). Suite à la crise alipentaire de 2008, l'organisation onusienne avait alerté sur la nécessité vitale pour les pays africains de procéder à des investissements conséquents dans le secteur de l'agriculture. Les chefs d'Etat de l'Union Africaine qui se sont réunis à Maputo ont alors décidé d'aller dans le sens de cette dynamique prônée par la FAO en promettant de consacrer au moins 10% des budgets nationaux au secteur de l'agriculture. Le Niger était partie prenante à cet engagement. Malheureusement, dans la pratique, cela est loin d'être une réalité. Le conférencier a montré à l'assistance des diapositives qui montrent des figures sur lesquelles on pouvait clairement voir que l'engagement de Maputo n'a pas été respecté par les autorités nigériennes. Alors qu'environ 80% du budget provient du secteur agricole, la portion du budget mis à la disposition de ce secteur est négligeable et insignifiante. Ce qui ne peut qu'avoir des conséquences sur la production et explique la faiblesse de la réactivité des pays face à des situations de déficit céréalier. D'où l'urgence pour le Niger de respecter son engagement pris à Maputo afin que le secteur agricole puisse bénéficier du soutien nécessaire afin de matérialiser la souveraineté alimentaire. Ce serait alors la fin de la politique humiliante de la main tendue qui est devenue depuis quelques années pour nos pays en ce qui concerne les crises alimentaires qui surviennent.</p> <p class="spip">Il ressort de ces trois communications que le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire a du chemin à faire. Un chemin qui peut être raccourci pour peu que les gouvernants prennent conscience du fait que les politiques agricoles ne devraient pas provenir du bailleur de fonds, mais plutôt être le fruit des réflexions nationales qui prennent en compte nos réalités. L'engagement de l'Etat dans le secteur agricole est un gage d'indépendance alimentaire.</p></div> Pour le droit à l'alimentation http://www.alternativeniger.org/spip.php?article497 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article497 2010-10-17T15:42:00Z text/html fr Ibrahim Manzo DIALLO Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire Répondant à l'appel de cinq (5) organisations de la société civile (Alternative Espace Citoyens, ANDDH, AREN, Mooriben et Timidria) qui militent depuis 2007 à l'avènement d'une prise en compte intégrale du droit du peuple à l'autosuffisance alimentaire, près d'un millier de personnes, venues de tous les quatre coins du pays ont battu hier à Niamey le macadam, de la PlaceToumo à la Place de la Concertation , portant des banderoles et scandant des slogans en (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <img src="http://www.alternativeniger.org/IMG/arton497.jpg" alt="" align="right" width="321" height="240" class="spip_logos" /> <div class='rss_texte'><p class="spip">Répondant à l'appel de cinq (5) organisations de la société civile (Alternative Espace Citoyens, ANDDH, AREN, Mooriben et Timidria) qui militent depuis 2007 à l'avènement d'une prise en compte intégrale du droit du peuple à l'autosuffisance alimentaire, près d'un millier de personnes, venues de tous les quatre coins du pays ont battu hier à Niamey le macadam, de la PlaceToumo à la Place de la Concertation , portant des banderoles et scandant des slogans en faveur de la souveraineté alimentaire et du droit à l'alimentation.</p> <p class="spip">« Je ne pensais pas que cette marche allait mobiliser autant du monde », avoue ébahi Oumarou Yelli, un peulh de Tahoua venu à Niamey pour l'événement.</p> <p class="spip">« La marche d'aujourd'hui est symbolique ! Elle est historique car elle est sans aucun doute le seul procès intenté à la conscience de ceux entravent impunément notre droit à l'autosuffisance alimentaire », fulmine Foudaï, un étudiant en deuxième année de Droit à l'université Abdou Moumouni de Niamey. « Cette affluence s'explique bien par la volonté des populations du Niger profond de sortir du cycle de la famine. Elles ont envie de dire à la face de leurs gouvernants qu'il est grand temps que leur droit à la souveraineté et à la dignité soient pris en compte », explique l'un des organisateurs.</p> <p class="spip">Pour bon nombre d'observateurs, cette marée humaine est venue en face du siège du Parlement uniquement pour dire non à la faim mais aussi à l'incapacité de nos décideurs politiques qui, en cinquante ans d'indépendance, n'ont résolu le problème. « C'est cette attitude que nous sommes venus fustiger à travers ce forum », tempête Ali Djibagé venu de Zinder.</p> <p class="spip">En effet, depuis l'engagement des chefs d'Etats africains en 2003 à Maputo de consacrer 10% des revenus de leurs pays respectifs à des secteurs vitaux comme l'agriculture et l'élevage, rien n'a véritablement changé.</p> <p class="spip">En prenant la parole le premier, le président de l'ANDDH, le professeur Khalid Ikhiri a dit que cette marche est l'expression d'un <i class="spip">« ras le bol des populations Nigériennes ! Un signal fort aux futurs dirigeants du pays pour qu'ils puissent prendre en compte leurs légitimes préoccupations pour que tout nigérien puisse demain manger à sa faim ».</i></p> <p class="spip">Après avoir fustigé le comportement de ces hommes politiques qui cachent la famine aux yeux de l'opinion internationale et qui échouent à lui trouver des solutions, le professeur Khalid Ikhiri s'est demandé comment peut-on mourir de faim au Niger alors que le sous sol du pays regorge d'énormes potentialités minières, pétrolières, gazières et aurifères avant de lancer un vibrant appel pour que la question du droit à l'alimentation soit inscrite désormais à l'agenda de nos gouvernants comme une priorité car ce sont des droits inscrits dans la constitution. </p> <p class="spip">Pour Moussa Tchangari, secrétaire général de l'association Alternative Espace Citoyens et coordonnateur du Consortium pour le droit à l'alimentation qui a tenu d'abord à rendre hommage à tous les participants à la marche et ceux venus des lointaines contrées de notre pays, « cette marche est la preuve que les éleveurs et les cultivateurs de notre pays ont des représentants qui pensent à eux ; qui se soucient de leur bien-être et qu'ils sont là comme des sentinelles pour veiller à leur prise en compte. Il est inadmissible qu'on se permette d'organiser des élections alors que les populations meurent de faim. I l est incompréhensible qu'on ait tant de richesses minières et qu'on soit confronté chaque année à la faim… Ce qu'il nous manque c'est l'adhésion de nos dirigeants au respect de leur engagement sur la souveraineté alimentaire. La faim n'est pas une fatalité, elle peut bien être occultée si l'Etat s'engage à le faire et on va le pousser à le faire. Je veux surtout que vous sachiez une chose : c'est notre droit de revendiquer cela car tant que la question de la faim ne sera pas réglée, notre pays le Niger ne sera jamais souverain. Faites-le savoir à ces politiciens qui viendront d'ici peu recueillir vos suffrages ! J'attire votre attention chers frères et sœurs, ne donnez pas vos suffrages à des gens qui vous oublient ou qui n'ont pas du tout pitié de vous ! »</p> <p class="spip">Pour Mamoudou Hassane de Mooriben : « Les hommes politiques se succèdent au Niger mais rien ne progresse à ce niveau. Tous ceux qui nous ont fait des promesses, n'ont pas tenu parole. Méfiez-vous ! » lance t-il à la foule en signe d'avertissement avant de poursuivre : <i class="spip">« la majorité des participants à cette marche ont parcouru plus d'un millier de kilomètres pour interpeller les décideurs qui les ont abandonné face à la crise alimentaire qui a décimé la moitié du cheptel , qui les ont laissé seuls face aux inondations qui ont emporté le reste de leur bétail ; et pire qui répondent encore aux abonnés absents à ce moment crucial où ils veulent un appui pour la reconstitution de leur cheptel ! ».</i></p></div> Derrière l'espoir, des sources d'inquiétudes http://www.alternativeniger.org/spip.php?article496 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article496 2010-10-17T15:33:00Z text/html fr Ousseini Issa Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire La bonne pluviométrie enregistrée cette année dans notre pays permet d'espérer une bonne campagne agricole sur le plan national. Mais derrière cet espoir, des inquiétudes pointent car certaines contrées du pays n'ont pas été suffisamment arrosées, pour mettre à l'abri les populations concernées et leur bétail de la faim. <br />Ces poches qui ont besoin d'assistance se recensent dans la région de Tillabéry, principalement dans sa bande nord allant de Bankilaré (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <img src="http://www.alternativeniger.org/IMG/arton496.jpg" alt="" align="right" width="217" height="153" class="spip_logos" /> <div class='rss_texte'><p class="spip">La bonne pluviométrie enregistrée cette année dans notre pays permet d'espérer une bonne campagne agricole sur le plan national. Mais derrière cet espoir, des inquiétudes pointent car certaines contrées du pays n'ont pas été suffisamment arrosées, pour mettre à l'abri les populations concernées et leur bétail de la faim.</p> <p class="spip">Ces poches qui ont besoin d'assistance se recensent dans la région de Tillabéry, principalement dans sa bande nord allant de Bankilaré jusqu'à Filingué. C'est l'alerte donnée par des habitants de ces zones venus participer au forum sur le ‘'Droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire''.</p> <p class="spip">Elhadj Ishah Iboun est un éleveur de Filingué. Il réfute l'idée selon laquelle la campagne agricole est satisfaisante dans toutes les contrées pays et ne manque pas d'arguments pour démontrer le contraire. ‘'Cette année même, il y a des problèmes dans notre contrée à cause de l'apparition des ennemis de cultures qui ont détruit le mil. Ce qui veut dire qu'il n'y a pas encore à manger dans la zone'', dit-il. Bilal Adamou, le point focal de l'association Timidria à Abala (Filingué), apporte de l'eau à son moulin. Selon lui en effet, c'est aujourd'hui même que la faim sévit dans cette zone, car même le fourrage n'a pas donné dans l'Azawak, à cause de l'insuffisance des pluies.</p> <p class="spip">‘'Les animaux continuent de mourir encore. Quand aux cultures, l'arrêt précoce des pluies n'a pas permis à ce qu'elles arrivent à maturité. Les champs n'ont rien produit'', renchérit-il.</p> <p class="spip">Pour Hassoumi Ag Zeïdi, le président régional de l'association à Tillabéry, l'assistance doit se poursuivre dans cette zone parce que d'Abala jusqu'à Tondikiwindi (Zarmaganda) en passant par Inatès, la situation est toujours critique. La campagne a été très mauvaise. ‘'La situation s'est davantage aggravée avec le débordement des eaux du fleuve qui a provoqué des inondations et compromis définitivement la production rizicole cette année'', alerte Hassoumi. Ces témoignages prouvent, si besoin est, que le ver est toujours dans le fruit. Seule une intervention rapide pourrait épargner les habitants de ces localités des affres de la faim. Une faim qui a contraint de nombreux de famille à l'exode, laissant derrière eux femmes et enfants sans aucune ressource.</p> <p class="spip">Selon Bilal Adamou, l'exode des chefs de familles a déjà commencé et risque de s'intensifier si des dispositions ne sont pas rapidement prises pour y faire face. ‘' C'est même maintenant qu'on est dans des difficultés dans la zone d'Abala. J'ai dénombré au moins 17 villages déficitaires sur le plan fourrager. Nous avons besoin d'assistance notamment en infrastructures pour produire à manger en faisant du jardinage et du maraîchage. Comme il n'y a pas d'eau, c'est difficile ; c'est pourquoi nous demandons qu'on nous construise des puits. Cela va permettre aux femmes dont les maris sont partis de travailler pour nourrir leurs enfants en attendant leur retour.'', témoigne-t-il.</p> <p class="spip">Albachir Adaye, le président de la sous-section Timidria de Bankilaré, formule le même type de doléances. Il pense que les crises alimentaires récurrentes dans notre pays ne pourront être jugulées de façon durable sans des investissements conséquents au profit du monde rural. ‘'Au lieu de donner du poisson, il faut apprendre à pêcher. Les associations font de leur mieux ainsi que l'Etat. Mais en créant les conditions pour que les populations rurales aient accès à l'eau, cela permettra aux paysans de produire en quantité à travers le maraîchage et le jardinage et tenir jusqu'à la prochaine saison des pluies. Mais s'il n'y a pas ce genre d'interventions, il est difficile de rester au village'', estime-t-il.</p></div> L'expérience de la vieille Kadi, vendeuse de condiments à Diantchandou http://www.alternativeniger.org/spip.php?article495 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article495 2010-10-17T15:28:00Z text/html fr Ousseini Issa Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire La soixantaine franchie, Mme Kadi Ali, est une paysanne de la commune rurale de Diantchandou. Elle a fait le déplacement de Niamey pour prendre part à la marche contre la faim organisée dans l'après midi du samedi 16 octobre par le consortium dans le cadre des manifestations inscrites à l'agenda du forum thématique sur le ‘'Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire. <br />Malgré son âge avancé, elle ne s'était pas laissée distancée par la procession. (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <img src="http://www.alternativeniger.org/IMG/arton495.jpg" alt="" align="right" width="425" height="319" class="spip_logos" /> <div class='rss_texte'><p class="spip">La soixantaine franchie, Mme Kadi Ali, est une paysanne de la commune rurale de Diantchandou. Elle a fait le déplacement de Niamey pour prendre part à la marche contre la faim organisée dans l'après midi du samedi 16 octobre par le consortium dans le cadre des manifestations inscrites à l'agenda du forum thématique sur le ‘'Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire.</p> <p class="spip">Malgré son âge avancé, elle ne s'était pas laissée distancée par la procession. Pour elle, cette marche avait un caractère hautement symbolique. ‘'Cette manifestation vise à interpeller les autorités politiques afin qu'elles s'investissent dans la recherche de solutions durables à l'insécurité alimentaire qui sévit de façon cyclique dans note pays. C'est la nourriture qui détermine tout, s'il y en a pas aucune action de développement, aucun travail, n'est possible'', déclare Kadi. ‘'Si un paysan n'a pas de nourriture pour aller au champ, il est obligé de vendre son animal pour s'en procurer'', ajoute-t-elle.</p> <p class="spip">La crise alimentaire sévère qui a sévi cette année dans le pays n'a épargné aucune région du pays. Elle a pu être jugulée grâce aux interventions de l'Etat et ses partenaires ainsi que les organisations non gouvernementales et associations présents sur le terrain.</p> <p class="spip">A Diantchandou, Mooriben fait partie des associations qui ont assisté les populations pendant cette période difficile. Pour cela, Mme Kadi Ali ne tarit pas d'éloge vis-à-vis de cette structure : ‘'Que Dieu bénisse Mooriben qui nous a apportés des vivres. Chaque membre de l'Union a eu droit à deux sacs et l'association était intervenue au moment où la nourriture était très indispensable, c'est-à-dire pendant la période de la soudure'', reconnaît-elle.</p> <p class="spip">Avant l'arrivée de l'aide, pour faire face à la pénurie alimentaire, Kadi s'adonnait à la vente de condiments (feuilles de baobab séchées, courge, gombo…) qu'elle acheminait à Niamey pour écouler sur les marchés. ‘'Nous quittons Diantchandou avec des condiments à destination de Katako, après le déguerpissement du marché Djémajé. Mais l'activité n'était pas du tout rentable à cause des frais de transport qui engloutissaient tout le bénéfice. Devant ce constat, nous nous sommes finalement fixées au village en se contentant du peu que nous gagnons sur place pour survivre'', raconte-t-elle.</p> <p class="spip">Selon elle, l'Etat n'a pas été beaucoup présent sur le terrain du point de vue des interventions visant à juguler la crise alimentaire, qui risque malheureusement d'affecter cette année encore de nombreuses familles nigériennes. ‘'Malgré le semblant d'embelli, il y a des poches où la campagne agricole n'a pas été du tout bonne, parce que les sols totalement lessivés et les paysans n'ont pas les moyens pour les enrichir avec de l'engrais ou du fumier et récolter quelque chose'', explique Kadi qui sollicite l'assistance rapide de l'Etat et des partenaires en vue d'éviter la réédition du scenario 2009-2010.</p> <p class="spip">L'assistance sollicitée pourrait, à ses yeux, être déployée sous forme d'octroi de crédits pour permettre notamment aux femmes de s'adonner à des activités génératrices de revenus et disposer d'une relative autonomie financière.</p> <p class="spip">‘'Si cela est fait, nous pouvons subvenir à nos besoins alimentaires et aider les parents. En tant que parents d'élèves aussi, cela permettra de prendre en charge certaines dépenses relatives à la scolarité des enfants. Aujourd'hui même l'achat des cahiers incombe aux parents. Avant, tout cela était à la charge de l'Etat'', regrette-t-elle.</p></div> Un impact à relativiser http://www.alternativeniger.org/spip.php?article494 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article494 2010-10-17T15:24:00Z text/html fr H B Tcherno Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire Pour ou contre l'aide alimentaire ? D'apparence saugrenue, cette question mérite réflexion, car l'utilisation de l'aide extérieure en situation de famine est un débat qui ne finit pas de susciter des polémiques. Alors que certains disent que l'aide alimentaire d'urgence est indispensable, car elle est « life saving », d'autres prétendent que celle-ci est une solution qui accroit la dépendance. <br />Dans les pays de l'hinterland, des aspects (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Pour ou contre l'aide alimentaire ? D'apparence saugrenue, cette question mérite réflexion, car l'utilisation de l'aide extérieure en situation de famine est un débat qui ne finit pas de susciter des polémiques. Alors que certains disent que l'aide alimentaire d'urgence est indispensable, car elle est « life saving », d'autres prétendent que celle-ci est une solution qui accroit la dépendance.</p> <p class="spip">Dans les pays de l'hinterland, des aspects négatifs de l'aide sont apparus depuis les années 1970 avec la création d'une dépendance des ménages envers l'aide gratuite lors des périodes de soudure, l'introduction des stocks de vivres qui entrent en compétition avec les productions locales entravant le redémarrage de l'agriculture, etc. Les réponses aux crises alimentaires sont telles que de nombreuses critiques pleuvent sur l'aide jugée tardive, onéreuse et trop politisée.</p> <p class="spip">Selon Oxfam international, <i class="spip">« l'idée que l'aide alimentaire d'urgence demeure l'outil incontournable pour répondre à l'insécurité alimentaire, est tenace au sein de la communauté internationale. Hormis les récentes initiatives de quelques-uns des principaux donateurs qui ont acheté leur aide alimentaire dans les pays en développement, la majeure partie de l'aide alimentaire est encore importée. Cela signifie donc qu'elle peut mettre jusqu'à cinq mois pour arriver à destination et coûter près de 50% de plus que la nourriture produite localement ».</i> Toutefois précise Oxfam <i class="spip">« bien que l'aide alimentaire joue un rôle important dans les situations d'urgence, en sauvant des vies, elle ne doit pas être considérée comme la seule et unique réponse à l'insécurité alimentaire, particulièrement dans les régions ou la pauvreté est la cause principale de famines. D'autres solutions innovantes peuvent également être apportées tels que le transfert d'argent, les bons d'alimentation et les programmes « argent contre travail ».</i></p> <p class="spip">Dans son édition 2008, la revue Afrique Contemporaine qui a consacré un numéro spécial sur la crise alimentaire de 2005 au Niger nous livre une analyse bien documentée de la mise en œuvre de l'aide extérieure, les modalités de sa distribution, le rôle des migrants. Dans un article intéressant intitulé « la crise alimentaire vue d'en bas », une synthèse des recherches menées sur sept sites au Niger, Jean Pierre Olivier De Sardan, est revenu sur la crise alimentaire de 2005 telle qu'elle a été vécue par les populations.</p> <p class="spip">Selon l'auteur, en dépit des moyens considérables mobilisés, l'aide extérieure a jouée un rôle relativement restreint dans le traitement de cette crise fortement médiatisée comparativement aux stratégies locales habituellement mises en œuvre par les ménages notamment ruraux, sous formes d'activités alternatives, ainsi que par le biais des migrants.</p> <p class="spip">Olivier De Sardan estime que « les stratégies de débrouille locale et les envois d'argent des migrants depuis les pays côtiers ont constitué les principales ressources des populations face à la crise, devant les stratégies assistancialistes et humanitaires ».</p> <p class="spip">Contrairement à la propagande médiatique, Olivier De Sardan écrit que « Malgré le déversement des secours de toutes origines et ce qu'on pourrait appeler par certains côtés « l'invasion humanitaire » de 2005, malgré les stratégies assistancialistes des acteurs locaux pour élargir au maximum le champ des bénéficiaires quels que soient leurs statuts et leurs besoins et « profiter « le plus possible de la manne humanitaire, la crise a d'abord été surmontée, comme les précédentes, par le recours aux logiques sociales et économiques habituelles en période de soudure, plus ou moins amplifiées, aménagées ou modernisées. Les distributions humanitaires, malgré leur volume très important, ont été vécues comme des adjuvants et des compléments, y compris par les familles les plus vulnérables. Ceci explique pourquoi, alors que les médias du Nord propageaient l'image d'un pays dévasté par la famine, la très grande majorité des cadres nigériens restaient fortement sceptiques. Aucun des « signes extérieures de famine » tels ceux que le Niger avait connus en 1973 ou en 1984 n'était en effet visible en 2005. En particulier, il n'y avait pas, dans les grandes villes, d'afflux de refugiés affamés. Un tel afflux aurait signifié que les stratégies de débrouille habituelles et l'envoi de l'argent par les migrants ne permettaient plus la survie d'un grand nombre de ménages, qui n'auraient eu alors d'autre solution que l'exode de la faim et la dépendance totale envers l'assistance extérieure (Etat ou ONG). Ce ne fut pas le cas en 2005. L'aide extérieure n'a donc pas été déterminante, ce qui ne signifie pas qu'elle n'a pas été utile : bien que tardive, elle a permis de reconstituer les stocks céréaliers familiaux ou de se procurer de l'argent frais. Par ailleurs, la malnutrition infantile endémique a connu à cette occasion et grâce à l'aide humanitaire une rémission au moins conjoncturelle.</p> <p class="spip">En un sens, cette hypothèse est optimiste : le fait de « compter sur ses propres forces » (ou sur celles des parents émigrés) serait resté malgré tout (et malgré l'ampleur de la mobilisation humanitaire) le principal moyen de faire face aux difficultés, du moins parce que celles-ci n'excédaient pas certaines limites. Ceci permet de relativiser quelque peu les polémiques autour des formes de l'aide extérieure, ainsi que la part, pourtant bien réelle, des tratégies « assistancialistes » des populations ». Cette analyse vient conforter des critiques émises par certaines organisations de la société civile sur la gestion de l'aide notamment alimentaire.</p> <p class="spip">A la suite de l'analyse scientifique scientifique, rappelons utilement que l'aide alimentaire d'urgence n'a jamais été une œuvre caritative débarrassée de tout calcul. Très souvent, elle cache d'autres desseins politiques et commerciaux. Avant même la demande de son institutionnalisation formulée par la FAO, certains Etats à l'instar de celui des Etats-Unis d'Amérique ont commencé vers la fin des années 50, à écouler leurs excédents agricoles vers les pays sous développés où subsistent des famines. Au départ, cette aide visait à accroître la consommation des produits agricoles étatsuniens dans les pays étrangers pour améliorer les relations étrangères. Dans cette optique, le gouvernement américain a voté une loi dite « Food for Peace » qui a permis au pays d'introduire ses denrées dans des contrées qui deviendront un jour ses clients. Parallèlement à l'approche mercantile sont apparues des stratégies d'utilisation politique de l'aide alimentaire qui a servie et continue de servir d'arme dissuasive, de levier de négociation dans la guerre de la géopolitique que se livrent les puissances pour le contrôle du monde.</p></div> La leçon de Nyéléni http://www.alternativeniger.org/spip.php?article493 http://www.alternativeniger.org/spip.php?article493 2010-10-17T15:18:00Z text/html fr Par Lamine Souleymane Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire En février 2007, plus de 500 représentants d'organisations de paysans, de petits exploitants familiaux, de pêcheurs artisanaux, des peuples indigènes, de paysans sans terre, d'ouvriers agricoles, de migrants, de pasteurs nomades, d'habitants de forêts, de femmes, de jeunes, de consommateurs, de mouvements écologiques et urbains, provenant de plus 80 pays, s'étaient rassemblés dans le village de Nyéléni à Sélingué au Mali, afin de consolider le mouvement mondial pour (...) - <a href="http://www.alternativeniger.org/spip.php?rubrique79" rel="directory">Droit à l'alimentation et souveraineté alimentaire</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">En février 2007, plus de 500 représentants d'organisations de paysans, de petits exploitants familiaux, de pêcheurs artisanaux, des peuples indigènes, de paysans sans terre, d'ouvriers agricoles, de migrants, de pasteurs nomades, d'habitants de forêts, de femmes, de jeunes, de consommateurs, de mouvements écologiques et urbains, provenant de plus 80 pays, s'étaient rassemblés dans le village de Nyéléni à Sélingué au Mali, afin de consolider le mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire. Le village de Nyéléni se trouve dans la commune rurale de Baya, un petit village situé à 140 km de Bamako.</p> <p class="spip">Le site du Forum choisi était situé près du barrage hydroélectrique sur la rivière Sankarani, un affluent du fleuve Niger, qui a été construit par la Banque Mondiale avec de graves conséquences environnementales et sociales. Il faut rappeler que ce barrage a provoqué un afflux de populations attirées par la perspective de vivre de la pêche, mais les stocks de poissons s'épuisèrent en si peu de temps, plongeant la population dans une pauvreté plus grande que par le passé. Tout comme le Forum qui se tient actuellement à Niamey, le Forum de Nyéléni visait à donner aux paysans l'espoir et le pouvoir de préserver, récupérer et consolider des connaissances et capacités en matière de production alimentaire. Il a été l'aboutissement d'un énorme effort collectif de la part de nombreuses organisations et personnes. Ce fut aussi une occasion pour les personnes qui récoltent et produisent de la nourriture, de partager des informations et de développer des stratégies afin de protéger leurs moyens d'existence et la santé de la terre.</p> <p class="spip">Il faut dire que le cadre même du forum se voulait le reflet de l'idée de base de la souveraineté alimentaire selon laquelle les peuples ne doivent pas être dépendants et sont capables de subvenir à leurs besoins alimentaires. C'était vraiment un forum populaire, sans présentations « Powerpoint », sans tables recouvertes de nappes immaculées, sans costumes ni cravates. Le site a été construit avec des matériaux locaux par des ouvriers locaux. La nourriture était entièrement locale, cuisinée sur des foyers à ciel ouvert par une équipe de femmes, et les participants faisaient des longues files d'attente au moment des repas. Il faut dire que toute l'organisation a été bâtie sur le thème de la souveraineté alimentaire.</p> <p class="spip">Beaucoup de participants étaient unanimes que le mouvement pour la souveraineté alimentaire ne pourrait atteindre ses objectifs que s'il est devient pratique de par les actions qui vont être posées. Pour M. Ibrahima Coulibaly, Président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali, qui prenait part à ce Forum, la souveraineté alimentaire n'est pas un simple slogan, mais bien une position et une proposition politique. Les discours doivent, selon lui, être mis en pratique pour apporter des solutions aux problèmes des paysans. Ce dernier avait même suggéré à cette occasion, la création d'une plateforme régionale solide dans le cadre de la défense de la souveraineté alimentaire en Afrique de l'ouest et maintenir les liens avec les populations locales.</p> <p class="spip">Divers secteurs du mouvement pour la souveraineté alimentaire avaient saisi cette occasion pour discuter des conflits de plus en plus graves causés par les problèmes d'accès aux ressources des communautés productrices d'aliments. Selon plusieurs intervenants, les conflits liés aux territoires étaient apparus avec la privatisation des terres, de l'eau et des êtres vivants. Celle ci a contribué fortement aux inégalités dans la distribution des droits d'accès et d'utilisation des terres et autres ressources naturelles. En outre, il a été relevé que dans certains pays africains, la croissance démographique, la désertification, le changement climatique, les politiques néolibérales, la libération du marché des terres ainsi que les investissements pour l'extraction des minerais et l'exploitation des forêts ont contribué à exacerber les tensions existantes.</p> <p class="spip">Le Forum de Nyéléni a contribué à élaborer un programme d'action international commun et a décrit très clairement comment devait se réaliser la souveraineté alimentaire à l'échelle planétaire. Aussi, il a dégagé des axes de lutte contre ceux qui détruisent la souveraineté alimentaire pour rendre les populations dépendantes des compagnies multinationales et des marchés internationaux.</p> <p class="spip">Notons que trois déclarations ont sanctionné la fin de ce forum, à savoir la déclaration des écologistes, suivie de la déclaration des femmes sur la souveraineté alimentaire et l'accès à la terre et de celle des jeunes qui avaient exprimé leur ferme détermination à collaborer avec les organisations paysannes, les peuples indigènes, les pasteurs nomades, les femmes et les étudiants dans la construction de l'avenir et l'amélioration du présent.</p></div>