Situation des refugiés maliens au Niger
mardi 23 avril 2013
Depuis le début de la guerre au Mali en janvier 2012, le conflit a entraîné le déplacement de plus de 175.076 réfugiés maliens dans les pays voisins à savoir l’Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger. En décembre 2012, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) au Niger, la population des réfugiés et retournés suite au conflit au Mali s’élevait à 53.000 personnes dont 50.226 maliens, avec une nouvelle vague de près de 55.000 personnes, suite à l’intervention des forces franco-africaines. Au Niger, les principales régions qui accueillent les réfugiés maliens sont celles de Tillabéry et Tahoua. A Tillabéry, les réfugiés ont été transférés de la commune de Banibangou (proche de la frontière malienne), à la commune rurale de Mangaizé pour des raisons apparemment sanitaires mais aussi sécuritaires.
Selon le HCR, ce sont quelques 1.741 réfugiés maliens qui ont été transférés de Banibangou vers le camp de Mangaizé où ils continuent de recevoir des appuis alimentaires ainsi qu’une assistance médicale. Dans la région de Tillabéry, plus précisément à Ouallam et Filingué, le HCR a procédé à une mise à jour de l’enregistrement de ces réfugiés. A l’occasion, ce seraient quelque 33.776 personnes, dont 20.587 enfants âgés de moins de 18 ans, qui ont été recensées.
Toujours, selon la même source, d’autres séances de recensement sont en cours pour intéresser les 17.000 réfugiés accueillis dans la région de Tahoua.
Dans la gestion de la situation des réfugiés maliens au Niger, on a constaté un élan de solidarité et de bonne volonté, tant avec les populations autochtones, la diaspora malienne qu’avec l’Etat nigérien lui-même. Cette solidarité se manifeste à travers des dons de vêtements, de nourritures etc. Mais il convient de souligner ici que la plus grosse part du soutien aux réfugiés provient des organisations internationales telles que le HCR et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à travers des appuis multiformes dont, entre autres, l’implantation des camps avec toute la logistique nécessaire et le soutien moral qu’apporte le HCR. Le CICR pour sa part, a offert une aide alimentaire de 432 tonnes de riz, de la semoule ainsi que du sel iodé à ces réfugiés, pour atténuer leur vulnérabilité alimentaire due à la détérioration de leurs sources de revenus du fait de la guerre. Enfin, Médecins Sans Frontières (MSF) apporte continuellement un appui en soins de santé dans les différents camps de réfugiés.
En attendant que la situation se normalise, il faudra dès maintenant commencer à penser au retour de ces réfugiés dans leur pays d’origine et surtout organiser les conditions de leur réinsertion. La communauté internationale doit de ce fait continuer à les accompagner en leur garantissant un fonds qui leur permettrait d’avoir de nouveaux espoirs.
DAHANY Ramatou & Abdou SAIDOU
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